Fusion CCT et CCE en suspens

 

 

 Pourquoi la CCE suspend le processus de fusion avec la CCT ?

Forces, faiblesses et dérives dans la diaspora congolaise !

 Lancés le 10 juin 2017 dans le superbe cadre de l’huppé Hôtel Mercure Paris Le Bourget et dans une captivante dynamique d’un patriotisme exaltant, la rencontre initiale et le rapprochement entre la Coalition des Congolais pour la Transition sans Joseph Kabila, CCT en sigle, et la Convention des Congolais de l’Etranger (CCE) semblaient prendre l’envol sur d’alléchants et bien prometteurs auspices. D’abord, parce que l’objectif principal de la CCT, tel que décrit par le Président de son exécutif, le Directoire National pour la Transition sans Joseph Kabila (DNT), M. Emery Damien Kalwira, rejoint parfaitement l’une des visées à maintes reprises préconiséesi par la CCE depuis des années comme voie de sortie de la crise congolaise : transition sans Kabila, ni ses thuriféraires complices. Ensuite, la sollicitation de collaboration initiée par la CCT intervenait au moment même où la CCE faisait de l’union de toutes les forces patriotiques congolaises sa priorité des priorités pour constituer, face à la triture, à la décrépitude et à la cuisante déconsidération frappant désormais gravement l’opposition, un réel front patriotique commun pour rallumer, via la diaspora, le flambeau de la lutte de la libération et persévérer. Mais, malheureusement, c’était sans compter avec les travers et les dérives propres aux Congolais.

 

Profondes divergences de départ !

 

Au vu des circonstances de l’heure, la CCT a pris une initiative bien pertinente et s’appuie sur un excellent projet ; mais est-elle à même de le construire avec les prouesses requises et le conduire au succès escompté ? C’est bien-là tout l’enjeu ! Déjà, à cette première rencontre de Paris, des divergences, non négligeables, sont apparues entre les deux associations sur la place et les rôles à réserver à ceux qui aspireraient à prendre le train en marche ainsi que, surtout, sur la manière d’appréhender personnalités et organisations ayant déjà pignon sur rue. Comment comprendre qu’une structure naissante, ambitieuse néanmoins de combattre des ennemis complexes, si déterminés et tortueusement organisés peut-elle allégrement frapper d’inextricables anathèmes et d’ostracisme précipité ceux qui, à première vue, s’apparentent aux meilleurs atouts de la lutte engagée ? Dans les échanges du 10 juin 2017, la CCE avaient invité certains membres du DNT à reconsidérer leur jugement sur certaines figures de la scène politique congolaise et émergentes en fers de lance d’une diaspora plus visible et mieux audibles. Avec vive amertume, nous constatons qu’aucun effort subtil n’a été fait dans ce sens. Mais, convaincue que la plus grande faiblesse des Congolais réside dans leurs divisions, la CCE est persuadée que le combat pour la réappropriation congolaise de la Mère-patrie passe d’abord par la cohésion.

 

Précipitations et procédures cavalières du DNT

 

À la réunion du 10 juin 2017, tous les membres de la CCE présents avaient individuellement et librement signé leur adhésion de manière volontariste à la CCT. A l’issue des débats et considérations, il avait été convenu qu’une assemblée générale extraordinaire soit convoquée pour explorer démocratiquement les modalités de rapprochement entre les deux organisations et, éventuellement, entériner dans la transparence le régime de mariage approuvé par les participants. Cette procédure élémentaire n’a toujours pas été suivie. En lieu et place, certains membres de la CCE ont été individuellement sollicités pour faire partie de l’exécutif de la CCT : le Directoire National pour la Transition sans Joseph Kabila (DNT). Si la CCT n’est pas encore une dictature, ses procédures précipitées et cavalières l’en rapprochent tragiquement et ont de quoi inquiéter. La CCE maintient néanmoins son adhésion collective et invite le DNT à convoquer cette inévitable assemblée générale à même de refonder le mouvement sur de meilleures bases. La CCT s’étant réciproquement engagée comme membre de la CCE, l’Assemblée générale de la CCE, déjà agendée aux 14 et 15 octobre 2017, ouvre la perspective au DNT de venir se présenter à un public plus large, certes, mais aussi de partager l’expérience de l’exercice démocratique.

 

Des provocations inutiles, voire franchement désobligeantes

 

Comme bien d’autres compatriotes, la direction de la CCE a été profondément contrariée et affligée par l’incongru procès que le DNT ne s’est pas embarrassé d’intenter à Félix Tshisekedi, avec un grand renfort médiatique, en l’accusant d’avoir plagié le concept, qu’il ose lui-même s’approprier, de Transition sans Joseph Kabila. Mais qu’est-ce qui peut pousser les Congolais à descendre si bas ? S’il y a des slogans génériques et corollaires à l’ascension politique de Joseph Kabila, l’aphorisme « Transition sans Kabila » en est certainement l’un des plus populaires. Qui, immodérément, peut en revendiquer la paternité, sans prendre le risque de se ridiculiser ? Même Honoré Ngbanda Nzambo Ko Atumba et son épouvantable fourmilière, APARECOii, qui ont tôt et tant théorisé sur cette stratégie, s’en abstiendraient. D’une part, M. Tshisekedi est désormais un acteur politique de premier plan, qu’il convient d’appuyer dans la mesure où il fait partie de la tête de proue du combat que nous sommes censés mener ensemble. S’attaquer à lui ne peut que faire le jeu de l’ennemi. Irons-nous jusqu’à présumer que c’est l’effet ruminé ? D’autre part, s’entre-attaquer gaîment entre combattants du même camp laisse perplexe et peut soulever moult questions tant sur les réelles capacités de discernement des acteurs que sur leurs véritables motivations. Ce qui, comme les campagnes de diabolisation, que l’on a observées ici et là, hypothèquent gravement aussi bien notre priorité du moment que nos stratégies de rassemblement. Au moment où bon nombre d’entre nous nous contentons paisiblement de notre écran d’ordinateur, avons-nous conscience de ce qu’un Tshisekedi peut endurer au front, sur le terrain réel de combat, exposé aux soubresauts et à la barbarie de ce pouvoir sanguinaire ?

 

Suspendre ce n’est pas rejeter, ni rompre définitivement !

 

Prêcher une chose et faire son contraire a toujours été considéré comme l’affligeante illustration des parfaites turpitudes dans la sentine desquelles la CCE se préoccupera toujours de ne pas descendre. Soucieuse de mobiliser au maximum, de rassembler sans exclusive et de fédérer autant que faire se peut, la CCE entend maintenir le dialogue constructif avec la CCT dans l’espoir, bien escompté, de faire évoluer la compréhension et le positionnement de celle-ci sur les priorités congolaises de l’heure ; telles qu’elles ont été explicitées ci-dessus. Ainsi, suspendre le processus de fusion, jadis amorcé dans l’enthousiasme par les deux associations, équivaut plus à une posture stratégique de conditionnement réciproque qu’à un radical couperet définitivement posé sur l’avenir. Convaincue de l’effet réflexif de la mesure, surtout de la manière publique dont elle a été annoncée, la CCE compte sur la lucidité de l’ensemble des membres de la CCT pour impulser, au sein de cette structure hautement stratégique, d’impératives mutations. Car, pour tout patriote en quête de réappropriation congolaise de la Mère-patrie, on ne le dira jamais assez, la priorité est au rassemblement tous azimuts, à l’union et à la cohésion solidaire. Quiconque veut discriminer entre anciens et nouveaux combattants, qu’il sache qu’il fragilise, par ce coupable déficit de discernement, le camp de la patrie.

 

Les exemples d’odieux régimes auxquels leurs propres rejetons ont donné les coups fatals sont légion dans l’histoire. Ainsi, pourtant issu de la haute bourgeoisie et noblesse tsaristes, Lénine est aussi ce révolutionnaire qui mit fin au tsarisme. Bien qu’inversement, on serait tenté d’évoquer aussi Gorbatchev et sa Perestroïka ou encore Frederik de Klerk et sa liquidation irréversible de l'apartheid. Inspirée par l’histoire, y compris celle bien récente et proche au Burkina Faso, la CCE estime qu’il faut laisser la porte largement ouverte à tous ceux qui veulent rejoindre le grand mouvement de libération. D’un côté on aimerait voir les forces de sécurité, servant ce régime au niveau le plus déterminant, tourner leurs armes contre lui. Lorsque ce sont les acteurs politiques, qui tournent leurs vestes, on s’en méfie. Pourquoi cette attitude ambiguë de deux poids et deux mesures ? Y aurait-il un signe de sournoise rivalité ; d’anticipation d’une bien malsaine bataille de partage des postes avant l’heure ? Désireuse de rester la base faîtière de toute la diaspora congolaise et de se livrer davantage aux activités d’intégration et de promotion sociale, la CCE aimerait laisser et confier sa branche politique à un allié crédible. Elle la céderait volontiers à la CCT ; si celle-ci se préoccupe de se régénérer et de se re-crédibiliser.

 

Fait à Genève, le jeudi 27 juillet 2017

 

Au nom de la Convention des Congolais de l’étranger (CCE),

 

 

 

Secrétaire général adjoint                                                                             la Présidente
Lwakale Mubengay Bafwa                                                                     Séverine Tshimini Mbuyi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

i - Pour un régime spécial de transition… ! http://www.convention-congolais-etranger.ch/432645172 - Institutions parallèles pour libérer le Congo… http://www.convention-congolais-etranger.ch/432538250

- Kabila au pouvoir après le 19 décembre 2016 constituerait la plus flagrante des violations de la constitution et une amère trahison ! http://www.convention-congolais-etranger.ch/432482910

- Maintenir le carton rouge jusqu'à ce qu'il parte ! http://www.convention-congolais-etranger.ch/432645172

- Appelons à une force d’interposition… http://www.convention-congolais-etranger.ch/432431086

- Rejet de l’Accord de la Saint-Sylvestre http://www.convention-congolais-etranger.ch/433264830

 

ii Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo, fondée en exil dans la perspective de reconquérir le pouvoir après sa chute avec Maréchal Mobutu.