30 juin 2017 : CCE en appelle à la désobéissance civique généralisée, à la force d'imposition de la paix, à la transition sans Kabila

RDC, 57 ANS D’INDEPENPENDANCE

TROU NOIR ET CASE DE DEPART

 

CCE en appelle

à la désobéissance civique généralisée

à la force d’imposition de la paix

à la transition sans Kabila

C’est avec amertume que la Convention des Congolais de l’Etranger (CCE) s’adresse à la nation toute entière, aux hommes de vérité et de bon sens, à l’occasion de l’anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale. 57 ans d’indépendance, 57 ans de misère, de chosification du peuple qui culmine dans un tragique retour à la case de départ.

 

L’indépendance du Congo, qui avait suscité espoir et nourri tant de rêves, s’est transformée en une éternelle nuit cauchemardesque d’où il est devenu difficile de se relever.

 

Dans la déclaration issue de leur 54ème session de l’assemblée plénière, les évêques du Congo ont dit tout haut le calvaire du Congolais au quotidien. Et pour rappel, le Congo est devenu ce cimetière à ciel ouvert où M. Kabila décide impunément qui doit vivre ou mourir. Le Congolais est devenu cet être sans dignité, ni valeur ; à qui l’apprenti dictateur Kabila ne reconnaît plus aucun droit, même pas celui de dire ce que ressent son cœur, moins encore celui de manifester sa colère. L’économie a atteint les limites du supportable en termes de déliquescence. L’insécurité est organisée par le pouvoir de Kabila pour confondre tout le monde, créer la psychose et justifier à jamais son maintien au pouvoir ; au mépris des lois de la République et du moindre bon sens.

 

Et comme si ce tableau n’était pas suffisamment sombre, le Congolais n’a plus droit à la justice, il meurt tous les jours et, en guise d’humanisme, ne reçoit que silence et indifférence pour sépulture. Alors qu’il ne peut plus rien attendre de la justice de son pays, le monde vient de lui refuser la justice internationale. Le club des dictateurs africains a pesé de toute sa toxicité pour tuer une seconde fois les victimes congolaises de Kabila en leur refusant ne serait-ce qu’un semblant d’enquête.

 

Pendant ce temps, par la corruption à tour de bras, débauchage et sabotage, M. Kabila construit, pierre après pierre, les fondations de son édifice : la confiscation du pouvoir et la disparition du Congo comme nation.

 

Eu égard à cette situation, fidèle à son combat en faveur d’un Congo fort, digne et prospère ; soucieuse du bonheur et de la renaissance de notre peuple, la CCE déclare ce qui suit :

 

1. Accord de la Saint-Sylvestre a vécu, Kabila n’est plus qu’un vulgaire mercenaire !

 

Etant donné que la mauvaise foi de Kabila a été mise à nu après l’Accord de la Saint-Sylvestre et que ses multiples tentatives de confiscation du pouvoir s’opèrent par les massacres d’un peuple sans défense, Kabila n’est plus un interlocuteur crédible. Il incarne de ce fait le problème congolais. Etant donné qu’il l’a foulé aux pieds, l’accord qui le supportait à la tête du pays pour un an afin d’organiser les élections, il est désormais considéré comme un mercenaire qui doit être mis hors d’état de nuire par tous les moyens.

 

2. A l’Eglise catholique congolaise et ses fidèles

 

La CCE salue et soutient la dernière déclaration de la CENCO à l’issue de son 54ème assemblée plénière. La CCE constate, non sans regret, que l’accord de la Saint-Sylvestre a été non seulement un échec, mais une humiliation nationale à travers la CENCO. De ce point de vue, continuer à en exiger l’application est une perte de temps qui profite aux ennemis de notre peuple. Aussi, la CCE exhorte-t-elle l’épiscopat congolais à sortir de la langue de bois, à puiser dans sa mission prophétique les ressources nécessaires pour désigner le responsable du mal congolais, Kabila et sa bande, à l’instar du prophète Nathan devant le roi David : « cet homme c’est toi... » (2 Samuel, 7). En plus, il ne suffit pas de demander à notre peuple de se lever, encore faudra-t-il l’organiser à travers ses multiples associations, notamment le CALCC (Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo) pour barrer la route à cette ignoble dictature qui s’est installée chez nous. Car, rappelons-nous ; c’est bien la volonté de ce vaillant peuple de Dieu et la courageuse mobilisation des chrétiens congolais de bonne volonté qui forcèrent Mobutu à rouvrir la Conférence Nationale Souveraine après un certain glorieux 16 février 1992.

 

3. Au vaillant peuple congolais

 

A notre peuple, la CCE réitère ce message : Un peuple se libère. 57 ans après notre accession à l’Indépendance, nous revoilà à la case de départ. Et plus encore ; car, jamais l’avenir de notre pays n’a jamais été autant hypothéqué. Jamais nous ne nous sommes trouvés si près d’un gouffre sans fonds. Cependant plus la bataille est dure, plus belle et grande est la victoire. Au premier plan, vous subissez les affres de ce pouvoir de la mort qui ne peut survire que par l’élimination du plus grand nombre de compatriotes. Mais parce que la meilleure défense c’est l’attaque, il est temps d’écouter le cri de votre propre misère, le cri de ceux des nôtres entassés dans des fosses communes au Kasaï, au Kivu, en Ituri et un peu partout au Congo de Lumumba.

 

Ecoutons les voix de ces quelques partis politiques et organisations de la société civile, telles que récemment l’appel des évêques de la CENCO, restés encore fidèles à notre idéal commun comme nation et comme peuple et levons-nous. Mieux, soulevons-nous. D’abord pour considérer que depuis le 19 décembre 2016 Kabila est devenu un mercenaire qui mérite le sort de tout mercenaire : la prison. Par conséquent, lui et toutes les institutions qui l’entourent sont frappés d’illégitimité doublée d’illégalité. Levons-nous donc, avant qu’il ne nous extermine tous. Ce que les autres peuples ont fait, avec un peu de détermination, d’unité et de courage, nous pouvons le faire aussi. Il y va de notre survie pour laquelle nous rendrons des comptes aux générations futures. Ici, nous sommes tous concernés, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes sans distinction de tribus.

 

Chers compatriotes, nulle part au monde, un peuple n’a été libéré par les combines étrangères, ni par la volonté des autres. Depuis l’accession de notre pays à sa relative indépendance jusqu’à cet épouvantable 57ème anniversaire, nous sommes victimes des machinations internationales ; qui ont pour exécutants tous ces sous-hommes, qui se sont autoproclamés autorités politiques, mais qui n’hésitent pas un seul instant à courir à la mangeoire pour leurs intérêts égoïstes. Alors, trop c’est trop ! A nous de devenir artisans de notre propre destin. Levons-nous, chassons la peur, bannissons le tribalisme et mettons dehors tous ces responsables de nos malheurs. Car, accepter cette situation dramatique, qui nous est imposée, c’est nous en rendre complices. Cessons de rêver que notre salut viendra de ceux-là mêmes qui complotent contre notre destin commun.

 

4. A la diaspora Congolaise

 

A vous chers compatriotes de la diaspora, il est temps de passer des paroles aux actes de libération. Face à ce pouvoir qui n’a que trop nargué notre mémoire collective, endeuillé nos familles, nous devons rester fermes, unis, mobilisés et déterminés afin d’aider notre peuple à reprendre ses droits et à chasser tous ces prédateurs. Pour cela, nous ne devons pas nous tromper d’adversaires. Certains de ceux qui ont façonné et nourri les monstres d’hier qui ont meurtri et appauvri tant de familles, s’attaquent à quelques compatriotes qui essaient de combattre la dictature sur terrain et en subissent les affres ; alors que notre ennemi commun c’est Kabila et ses acolytes. Ne nous laissons plus distraire par ces vendeurs d’illusions. Organisons sit-in et protestations devant des chancelleries et ambassades, pour affirmer le plus fort possible que le pouvoir de Kabila a pris fin le 19 décembre 2016 à minuit.

 

5. A la communauté internationale

 

Le peuple Congolais est pris en otage par la volonté meurtrière d’un seul homme qui refuse obstinément de quitter le pouvoir. Les massacres qu’on ne compte plus, les assassinats politiques incessants, les arrestations arbitraires et les emprisonnements politiques en masse ont fini une fois de plus par convaincre le peuple qu’il est toujours seul devant cette barbarie qui n’émeut pas grand monde dans vos officines. Devenir partenaire de ce peuple en détresse, c’est exiger le respect de la vie humaine ; que le pouvoir de Kabila a plus que banalisée.

 

Ne pas contraindre Kabila au respect des engagements internationaux, ressemble à la non-assistance à peuple en danger. Cette non-assistance aura des conséquences historiques lorsque ce peuple se sera assumé, et aura pris son destin en main. En attendant, ce que vous craignez le plus en termes d’immigration, risque de devenir votre cauchemar et le prix que vous paierez dans votre complicité avec ce régime de la mort. Au bout du compte, le peuple souverain saura reconnaître qui aura été ou pas à ses côtés. Œuvrons ensemble pour un monde meilleur pour tous. Car, les peines partagées diminuent et les joies partagées augmentent.

 

Nos trois exigences majeures

A partir de ce vendredi 30 juin 2017, la CCE appelle le peuple congolais, où qu’il soit, à la désobéissance civique généralisée. Elle entend en outre se mobiliser et inviter toutes les forces vives de la Nation congolaise, toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté à travers le monde entier à conjuguer des synergies en s’appuyant sur le chapitre VII de la Charte des Nations-Unies pour exiger une mission d’imposition de la paix à même de :

  • stopper de toute urgence le génocide en cours en RDC ;

  • neutraliser et dissoudre toutes les institutions illégitimes et illégales que le régime prédateur impose à un peuple sans défense ;

  • organiser une transition sans Joseph Kabila, ni sa bande de prévaricateurs et de kleptomanes, vers des élections libres, démocratiques et crédibles.

 

Que vive le Congo indépendant et fort ! Que vive le peuple congolais souverain !

 

Fait à Genève, ce vendredi 30 juin 2017

 

Pour la Convention des Congolais l’Etranger (CCE),

 

 

      le 1er Vice-président                                                                             la Présidente
Ferdinand ILUNGA NKONKO                                                               Séverine TSHIMINI MBUYI