La Convention des Congolais de l'Etranger (CCE) soutient l'initiative d'une Transition sans Kabila

 

CCE soutient le DNT et s’implique dans la Coalition des Congolais pour la Transition sans Kabila (CCT) 

  

C’est une décision d’immense ampleur prise solennellement le week-end du 9 au 11 juin derniers par la Présidente de la Convention des Congolais de l’Etranger, CCE en sigle, Mme Séverine Tshimini Mbuyi. Elle a opté d’opérer un rapprochement organique entre la CCE et la Coalition des Congolais pour la Transition sans Kabila (CCT). En tant que société civile, la première s’affirmerait comme base diasporique de la deuxième. Cette dernière se consoliderait comme émanation politique de la première. On serait ainsi tenté d’en déduire que la très célèbre Présidente de la CCE doit forcément avoir été convaincue et rassurée aussi bien par l’à-propos et la justesse des objectifs poursuivis par la CCT que par la crédibilité et la détermination de ceux qui l’animent et portent le projet. Toutefois, dans ces discussions inaugurales, des divergences profondes d’approche ont émergé avec bien de passion, parfois obscurante, et avec assez de vitalité ; à même d’asphyxier le débat de fond et hypothéquer la suite de la collaboration.

 

 

 

 

Une date mémorable

 

 

 

Néanmoins, le samedi 10 juin 2016 est à retenir comme une date indélébile, mémorable dans l’organisation de la diaspora et dans la quête de la démocratie pour la République Démocratique du Congo (RDC). Une grande association, la CCT, et la plus importante plate-forme diasporique, la CCE, ont convenu de convoler en justes noces pour le meilleur de la RDC et de ses occupants. Pour l’instant, un seul objectif en point de mire : marcher ensemble dans la même direction vers une transition sans Kabila. Elles emboîtent ainsi le pas au Mouvement de Libération du Congo (MLC). En effet, celui-ci a toujours été farouchement opposé à travailler avec Joseph Kabila au-delà du 19 décembre 2016. Date de la fin de son 2ème et dernier mandat présidentiel en RDC.

 

 

 

Cette studieuse séance de travail s’est tenue à l’Hôtel Mercure Paris Le Bourget sis au 2, rue Jean Perrin, à 93150 Le Blanc-Mesnil Paris Le Bourget, en France. Vivifiés par l’amour du Congo, solidaires avec les Congolais de l’intérieur du pays, enflammés par l’ampleur des atrocités meurtrières dont ces derniers sont victimes et écœurés par les affligeants revirements de l’opposition politique – toujours enclins à se prostituer à souhait avec le pervers régime désormais illégal et illégitime depuis fin décembre dernier -, les dirigeants de la CCE et de la CCT ont convenu d’initier un élan assez pragmatique pour chasser Kabila du pouvoir.

 

 

 

La quête d’un front commun pour mener la vie dure aux ségrégationnistes

 

 

 

Avec des retentissements au-delà de la diaspora, le rapprochement CCE-CCT débouche sur un puissant mouvement de fusion à même d’intégrer les autres groupes diasporiques disparates en vue d’une forte UNION SACREE mobilisée pour gommer toutes les divisions au sein de toute la communauté congolaise. La diaspora unie et structurée en front commun, voilà ce qui déjà prime pour la CCE ! Elle serait ainsi en position de force, non seulement pour exiger une place de choix et un rôle tangible dans le combat patriotique pour l’alternance politique au Congo ; mais aussi et surtout pour prendre le leadership d’un renouveau du rassemblement de toutes les forces vives acquises au changement, à l’alternance démocratique en RDC. Par leur rapprochement du 10 juin 2017, la CCE et la CCT ont scellé une alliance avec le peuple en souffrance, toutes les sensibilités nationales et internationales comprises. Axé sur un lobbying tous azimuts, le mouvement ainsi lancé cible en priorité l’Union africaine, l’Union Européenne et l’ONU.

 

 

 

Si la RDC va mal, c’est parce que ceux qui reconnaissent le malfaiteur se taisent. Les soi-disant opposants l’adoptent allégrement, se soumettent à son diktat et cirent ses bottes, moyennant de menus fretins : une enveloppe, un poste ministériel suffit ! Participant passionnément aux échanges, le représentant de l’Union Internationale des journalistes africains a salué l’initiative et prodigué ses conseils avisés. Il a notamment invité la coalition naissante à former un « Noyau dur » en son sein et à mobiliser des ressources humaines et logistiques en vue d’une vive diplomatie de proximité. Plus concrètement, il a demandé à la coalition de préparer des émissaires à dépêcher auprès des principales chancelleries agissantes de manière déterminante sur la situation du Congo ainsi qu’auprès de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, du Conseil de Sécurité des Nations Unies et des organismes internationaux des Droits de l’homme.

 

 

 

Une détermination ravivée par la peur de l’échec

 

 

 

« N’ayons pas peur de changer des choses ! », lançait avec assurance le Président de la CCT en fin de son discours liminaire ; dans lequel il a exposé les motivations à la base de la rencontre. Croyait-il si bien dire ? La politique est le domaine « professionnel » qui regorge le plus d’acteurs et de candidats les plus passionnés en RDC. Paradoxalement, c’est également l’activité dans laquelle, individuellement et, davantage, collectivement rares sont les Congolais s’illustrent. Avant, et davantage encore après la colonisation, les exemples sont légion pour confirmer ce constat. Ici, on n’évoquerait jamais assez les cas emblématiques de l’affligeant suivi du Front commun de la Table ronde de Bruxelles ou le piteux épilogue de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Malgré ces déconvenues notoires, les fiascos se poursuivent dans des partis politiques et plates-formes, qu’ils réussissent à constituer dans l’histoire nationale récente.

 

 

 

Aussi, même si la société civile ne vise pas la conquête et l’exercice du pouvoir, une synergie relevant de la société civile peut avoir un caractère politique et gouvernemental lorsque l’Etat et les partis politiques ont gravement failli à leur mission. Face à un Etat en faillite depuis des lustres et des partis politiques en déconfiture constante, il n’y a qu’un pas que la coalition CCE-CCT tend résolument à franchir. Instruite par tant d’échecs des professionnels mal formés et mal intentionnés de la politique, la mobilisation citoyenne portée par la CCE et la CCT se veut un mouvement de renouveau ; déterminé à régénérer aussi bien le sens de l’engagement patriotique que la manière de se légitimer leader dans la communauté congolaise.

 

 

 

Des échéances dictées par la conjoncture

 

 

 

Faisant de la devise de la CCE, « Le salut du peuple congolais est notre suprême loi ! », sa boussole, le pacte CCE-CCT estime que le paroxysme de la pauvreté et de l’insécurité des Congolais se conjugue à la prévarication, à l’illégitimité et à l’illégalité des institutions pour exiger la démission immédiate de tous les animateurs de celles-ci. Affûtés au pragmatisme et conscients autant de l’inconscience que de l’irresponsabilité inconsidérées des politicailleurs congolais, les dirigeants de la CCE et de la CCT ne se font aucune illusion sur la perspective de voir ces usurpateurs démissionner de leur propre gré. C’est pourquoi ils ont conclu leur séance par des résolutions en guise d’actions concrètes pour officialiser leur pacte et estampiller d’une empreinte particulière la cinquante-septième commémoration de l’Indépendance congolaise. Ces actes d’exécution du pacte patriotique s’articulent autour des trois échéances majeures :

 

  • rédaction et publication de l’Acte de l’alliance ;

  • élargissement du Directoire National pour une Transition sans Joseph Kabila (DNT) ;

  • Appel commun à la désobéissance civile sur le territoire congolais le 30 juin.

 

 

 

Fait à Paris, le 10 juin 2017

 

 

 

 

 

Anastasie MUTOKA
Rapporteuse et Représentante du MLC en France