Message fort de la diaspora congolaise à la Nation

 

 

 

Pour Un régime spécial de transition, mais sans Joseph Kabila  !

Message des Congolais de Suisse au peuple congolais 

 

 

C’est dans un contexte déchirant, de terreur ourdie par l’Etat lui-même sur sa propre population, avec des cadavres fumants sur le carreau, que les Congolais ont célébré la Nativité. Au Congo ou ailleurs dans la diaspora, quelle saine famille congolaise aurait alors eu le cœur à la fête dans ces circonstances ? Et dire que toutes ces souffrances sont imposées par l’autisme d’un dictateur obtus qui, avec sa clique de kleptomanes nés avant la honte, restent déterminés à s’accrocher sempiternellement au pouvoir sans légitimité et en dehors de toute légalité, mais en s’appuyant sur d’odieux sicaires souvent importés d’ailleurs. Convaincus qu’on ne triomphe jamais d’un bras de fer engagé contre son peuple, les Congolais de Suisse ont préféré consacré leur précieux repos de Noël à la méditation et à la réflexion sur l’évolution de la gravissime crise politique qui secoue leur pays : la RD Congo. Réunis autour de la Présidente de la Convention des Congolais de l’Etranger (CCE), Mme Séverine Mbuyi Tshimini, ils se sont livrés à l’analyse de la situation politique et résolus à envoyer un message fort à la classe politique et au peuple congolais.

 

 

 

De l’analyse politique de la situation

 

 

 

En un mot comme en mille, tous les moyens légaux se conjuguent à l’absence originelle de légitimité pour mettre un terme ferme à la kleptocratie qui paralyse le grand Congo depuis un peu plus de seize ans. Depuis le 20 décembre 2016, en effet, c’est un putschiste cynique qui nargue le peuple congolais. Faut-il le suivre dans sa stratégie de pourrissement de la situation et du chaos qui lui sert survie ? De l’intérieur, tout comme de l’extérieur du pays, tous les ingrédients sont désormais réunis pour que le peuple meurtri se débarrasse résolument et définitivement de lui. Initiées par l’épiscopat catholique, les négociations politiques en cours ne devraient avoir pour finalité que le départ consensuel du dictateur. Comment peut-il d’ailleurs en être autrement, quand on sait que pendant seize ans, le régime n’a fait que paupériser jusqu’au paroxysme son peuple et que la crise politique découle de la stratégie machiavélique d’un chaos institutionnel planifié ? L’autre lecture invoquerait l’incompétence caractérisée !

 

 

 

Qu’on retienne l’une ou l’autre de ces affligeantes justifications de la crise, la seule et unique sentence défendable est, pour les Congolais de Suisse, inévitablement la même : la fin inconditionnelle de la kleptocratie, de toute l’oligarchie des prédateurs. Au sens des articles 70, 75 et 76 de la Constitution congolaise, la vacance à la présidence de la République est définitivement avérée et irréversible pour M. Kabila. Le régime spécial, qui s’ouvre en conséquence, est à concevoir avec des femmes et des hommes nouveaux pour préparer, sur base des valeurs démocratiques, patriotiques, éthiques et humaines, une nouvelle élite politique, trancher de manière radicale avec la kleptocratie et mener la vie dure aux traîtres de la Patrie.

 

 

 

De l’exégèse juridique de la crise artificiellement ourdie par la kleptocratie putschiste

 

 

 

En son deuxième alinéa, l’article 70 de la Constitution congolaise stipule qu’« A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l'installation effective du nouveau Président élu ». Contrairement à la fallacieuse interprétation de la flagorneuse cour constitutionnelle kabiliste, le complément ici apporté suppose un nouveau chef de l’Etat déjà élu et d’éventuels contretemps gênant son investiture dans les délais constitutionnels. Or, M. Kabila a tout fait pour que son successeur ne soit pas connu à l’expiration de son mandat. Lui-même ainsi que la Commission électorale (CNI), qui n’a pas su convoquer le corps électoral dans les délais impartis, article 70, sont coupables de violation grave de la Constitution et doivent être châtiés ; en commençant par leur révocation immédiate pour incompétence inconsidérée.

 

 

 

Rappel des aspirations du peuple

 

 

 

A la lumière des mots d’ordre, qui accompagnent toutes les manifestations de protestation au Congo, tout comme dans sa diaspora, le peuple congolais ne réclame que de vivre dignement, dans un Etat de droit et sous bonne gouvernance. Or, M. Kabila et son oligarchie kleptomane n’ont cherché ou non pas été capables de leur garantir ni l’une, ni l’autre de ces basiques aspirations. Les Congolais de Suisse se demandent alors quel serait le sens de reconduire dans un régime spécial de refondation ceux qui ont fauté et démérité sur toute la ligne ? Par voie de conséquence, ils préconisent que le Régime spécial de transition soit conduit par des femmes et des hommes nouveaux pour préparer sereinement l’alternance démocratique pacifique.

 

 

 

Adresse à leur Éminence Messeigneurs les médiateurs

 

 

 

Interpelant directement leur Excellence Messeigneurs les Evêques et l’ensemble de l’Episcopat catholique congolais, la diaspora congolaise de Suisse leur rappelle la haute responsabilité, qu’ils ont la chance d’assumer, à une période aussi charnière dans l’histoire de notre pays. Dans quel sens comptent-ils infléchir cette histoire ? Présenter avec satisfecit un projet d’accord confirmant le « glissement » et accorder une légalité indue à un dictateur, qui a démontré tant d’habileté et de détermination à se maintenir au pouvoir sans légitimité, n’a donné que des insomnies à ceux qui savent déjà que M. Kabila exploitera toutes les pirouettes, même les plus perfides sans le moindre état d’âme, pour s’imposer à nouveau à la tête du Congo. Aujourd’hui où le pseudo « Raïs » est dépouillé de toute légalité, démuni de toute légitimité qu’il n’a jamais eue et rejeté du fauteuil présidentiel aussi bien par le peuple congolais que par des décideurs internationaux, le réhabiliter allégrement s’apparenterait plus que jamais à une amère trahison que les Congolais ne comprendront jamais, ne pardonneront jamais. En cas de besoin, nous nous appliquerons bien vivement à leur apporter l’éclairage approprié pour qu’il en soit ainsi.

 

 

 

Interpellation du front de l’opposition

 

 

 

Les Congolais de Suisse se sont beaucoup réjouis que l’opposition politique congolaise ait réussi à se souder en front commun rapprochant le « Rassemblement » et le « Front pour le Respect de la Constitution ». Salutaire pour mieux affronter les âpres combats politiques en perspective, ce Front renforce également aussi bien votre légitimité que votre crédibilité auprès du peuple congolais. Puisque vous êtes censés négocier au nom du peuple, sous peine des sanctions très austères, acceptez que nous vous rappelions la ligne rouge à ne pas franchir quoiqu’il en coûte :

 

  • la transition au lendemain du 19 décembre 2016 n’est envisageable que sans M. Kabila ;

  • le Régime spécial est à concevoir sans les caisses de résonnance kabilistes que sont le Sénat et le Parlement échus, les non-crédibles et éhontées Cour constitutionnelle et CNI.

 

 

 

Le régime a toujours procédé par la stratégie du « ventre », de l’appât du gain facile, pour diviser les Congolais et neutraliser ses adversaires. Allez-vous être ses prochaines victimes ? Maintenir Joseph Kabila à la tête de l’Etat congolais c’est garder le Congo et son peuple en état de siège, c’est-à-dire en état de la même guerre qu’il nous fait subir depuis plus d’une quinzaine d’années. Si l’accord politique consiste à maintenir le Congo et le peuple en état de guerre, il convient de se rendre alors à l’évidence que les auteurs d’un tel dénouement se disqualifieront eux-mêmes.

 

 

 

Mise en garde aux flagorneurs de la kleptocratie et jusqu'au-boutistes de l’apocalypse

 

 

 

Quelle qu’en soit l’issue, les différents cycles des négociations politiques sur l’avenir de Kabila ont déjà eu un grand mérite : celui de faire tomber des masques. Il n’y a pas que Vital Kamerhe qui a étalé toute sa latitude de nuisance et de mépris à l’égard du peuple congolais. Divers autres affligeants opportunistes de son acabit ont démontré, à quel degré d’égoïsme et combien ils ne se sont engagés dans la politique que pour servir leurs seuls et propres intérêts gloutons au prix de tout. Quand on réalise que certains de ces rapaces de la pire espèce sont illustres depuis des lustres parmi les grands et principaux pilleurs et malfaiteurs qui ont ruiné le pays dans tous les sens du terme, est légitime notre engagement à tenir à jour la liste de ces dépravés de pire espèce, ennemis de la démocratie et de la concorde nationale afin que tout le monde les identifie à jamais.

 

 

 

Le putsch constitutionnel de M. Kabila en cours a déjà entraîné la mort de 98 à 175 personnes ; auxquelles il convient d’ajouter des millions d’autres victimes comptabilisées depuis son arrivée au pouvoir. Combien d’autres martyrs encore s’il reste à la tête de l’Etat avec les mêmes pouvoirs que maintenant ? Comment justifier la reconduction du Sénat et d’un parlement, qui ont largement démérité et dont les mandats sont définitivement échus ? Les Congolais de Suisse estiment que l’heure a sonné de concevoir la modernité politique et administrative du Congo, au moins par respect pour les martyrs de la démocratie, avec des femmes et hommes nouveaux.

 

 

 

Fait à Genève, le lundi 26 décembre 2016

 

 

 

Au nom des Congolais de Suisse,

 

  • Madame Séverine Mbuyi Tshimini

  • Mme Nelly Lubaki

  • M. Sala Walser Bwanandeke

  • M. Makamona Didier Nsasa

  • M. Roger Katende

  • M. Godefroid Elongama

  • M. Bruno Kanku Mukendi

  • M. François Kamba Balanganayi

  • M. Lwakale Mubengay Bafwa