Laisser le peuple se prendre en charge !

Alerte !  La CENCO va-t-elle cautionner la logique putschiste de Kabila ?

 

L’accord politique, dont le contenu se profile à l’issue du Dialogue bis sous l’égide du clergé catholique ne rassure pas ; son profil inquiète même et frustre d’autant qu’il hypothèque la crédibilité de ceux à qui le peuple pouvait encore confier son sort et sur qui repose d’énormes espoirs en vue de meilleurs lendemains. L’idéal d’une hypothétique issue pacifique de la crise doit-elle occulter l’impérieuse prise en compte de la fin de la légalité et de toute légitimité d’un régime qui a largement fauté, qui a tout démérité pendant des lustres ? Faire bénéficier paradoxalement la crise à ceux qui l’ont machiavéliquement planifiée devient un crime lorsque ceux-ci sont, par égoïsme outré et rapacité, entièrement responsables des plusieurs massacres des innocents ? Et l’accord, qui se profile à l’horizon, porte des germes des nouvelles impasses, des patentes crises et des violences inéluctables dans la mesure où tous les facteurs des crises antérieures ont été renouvelés par :

 

  • en dépit des prescrits constitutionnels et d’un désaveu populaire dans des proportions aussi démentielles, la légitimation du glissement de M. Kabila avec tous les pouvoirs sur sa seule et énigmatique personne en échange de quelques attributs de pouvoir, non seulement est un énorme et redoutable piège ; mais aussi une insulte, une amère trahison pour les martyrs qui sont et continuent à tomber comme des mouches sous les balles de sa cruelle soldatesque ;

 

 

  • l’allégeance à un Sénat dont le mandat a déjà expiré et accusé de biais en faveur du pouvoir ;

 

 

  • la reconduction d’un Parlement complice de la dictature et largement méprisé par le peuple ;

 

 

  • le maintien d’une CENI, qui a démontré son inféodation à la dictature et au putschisme…

 

 

A la tête du Congo depuis janvier 2001, Joseph Kabila a eu tout le temps de démontrer au monde entier de quoi il est capable en tant que chef de l’Etat. C’est en conséquence de l’appréciation de sa gouvernance que le peuple congolais use aujourd’hui de son droit constitutionnel de manifester pour réclamer l’alternance au  palais présidentiel. Bien que désormais dénué de tout mandat et dépouillé autant de toute légalité à gouverner que de toute légitimité dans un poste institutionnel, Kabila choisit de réprimer dans le sang les manifestations pacifiques du souverain primaire qu’il a paupérisé et martyrisé au paroxysme. Y aurait-il crime plus grave que d’assassiner son propre peuple ?

 

Si la CENCO et l’opposition politique n’ont pas les moyens d’infléchir le diabolique couple Kabila et Kamerhéon à libérer le peuple congolais de leur cynisme, qu’ils reconnaissent avec décence un échec somme toute initialement conjecturé. Donner leur caution à un putsch et mettre ce couple en état de nuire légalement à nouveau, c’est prendre d’incommensurables responsabilités devant l’histoire. Un échec devant l’inconciliable et l’inacceptable vaut largement mieux qu’un mauvais accord !

 

Sentiments patriotiques !
Lwakale Mubengay Bafwa