Joseph Kabila et sa famille spolient le Congo de manière atroce

On sait désormais pourquoi ils ne veulent plus céder le pouvoir...

Des journalistes enquêtent sur l’empire économique des Kabila

15 décembre 2016

Afrique

Le président congolais Joseph Kabila et sa famille ont constitué un empire économique qui leur a rapporté « des centaines de millions de dollars », selon une enquête publiée jeudi par l’agence Bloomberg à cinq jours de la fin du mandat de M. Kabila.

« Ensemble, les Kabila ont bâti un réseau d’entreprises qui s’étend dans tous les secteurs de l’économie congolaise et qui a rapporté des centaines de millions de dollars à leur famille », écrit l’agence de presse américaine spécialisée dans les questions économiques.

L’ampleur de ces intérêts économiques « pourrait aider à comprendre la raison pour laquelle le président (congolais) ignore les appels des États-Unis, de l’Union européenne et d’une majorité de Congolais à rendre son pouvoir la semaine prochaine », estime Bloomberg.

Bloomberg indique que sa publication est le résultat d’un travail d’un an réalisé par trois journalistes sur le « réseau d’affaires » de la famille présidentielle et s’appuyant sur plusieurs dizaines d’interviews et des « milliers de documents d’entreprises et de documents judiciaires » consultés par ses soins.

Ravagée par deux guerres entre 1996 et 2003, après trois décennies d’une dictature kleptocratique soutenue par l’Occident, la République démocratique du Congo (RDC) est connue pour l’extraordinaire richesse de son sous-sol et la grande pauvreté de sa population dont près de 90% des habitants survivent avec moins de 1,25 dollar par jour, selon l’ONU.

M. Kabila est arrivé au pouvoir par succession héréditaire en 2001 après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, rebelle devenu chef d’État par la force des armes en chassant le dictateur Mobutu Sese Seko en mai 1997.

Il a été élu président en 2006 et réélu en 2011 lors d’un scrutin entaché de fraudes massives. Le mandat de M. Kabila s’achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais en l’absence de la tenue de la présidentielle dans les temps, le chef de l’État compte se maintenir en poste au-delà de cette date.

120 permis miniers –

Depuis 2003, la famille Kabila « a mis en place un réseau international d’affaires » avec des participation dans « 70 entreprises au moins », écrit Bloomberg.

M. Kabila, « sa femme, ses deux enfants et huit de ses frères et sœurs contrôlent ainsi plus de 120 permis d’extraction d’or, de diamants, de cuivre, de cobalt et d’autres minerais » en RDC, ajoute l’article qui décrit la mainmise sur les richesses et l’économie du pays par un clan animé d’une soif inextinguible d’argent.

Outre les mines, l’empire familial s’étend dans « la banque, l’agriculture, la distribution de carburant, le transport aérien, la construction de routes, l’hôtellerie, la fourniture de produits pharmaceutiques, le secteur des agences de voyages, le commerce et les boîtes de nuit », ajoutent les auteurs de l’enquête parlant d’entreprises installées au Congo, mais aussi aux États-Unis, à Panama, en Tanzanie et sur l’île de Niue, paradis fiscal du Pacifique.

« On ne peut pas empêcher un membre de la famille du chef de l’État d’avoir des ambitions ou de posséder des biens. Encore moins de faire du business », a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, à l’AFP qui lui demandait de réagir à l’article de Bloomberg, la présidence de la République congolaise fonctionnant sans porte-parole.

Notant qu’aucune loi n’interdit au président ou à sa famille de faire des affaires, M. Mende a estimé en substance que la publication de ces informations procédait de la volonté de nuire à la RDC qu’il attribue aux Occidentaux pour avoir demandé pendant des mois, en vain, que M. Kabila lâche le pouvoir le 20 décembre.