Une partie de l’Armée congolaise souhaite la démission de Kabila au 19 décembre 2016

La résidence de Kalev Mutond attaquée, la Garde républicaine soupçonnée

 

 

Dans la nuit du 14 au 15 décembre 2016, la résidence de l’Administrateur général de l’Agence Nationale de Renseignement, Kalev Mutond, située sur l’avenue Ma Campagne dans le district de la commune de Ngaliema à Kinshasa, a été attaquée par un commando. Des tirs ont été entendus. La sécurité de M. Mutond aurait alors riposté. Aucune victime n’est toutefois à déplorer. L’intéressé lui-même n’était pas présent sur place à ce moment-là.

 

Au matin du 15 décembre, les lieux ont été en partie bouclés et des constatations ont été effectuées par la police scientifique. De nombreux impacts de balles ont été relevés sur les murs de la résidence.

Cette semaine, Kalev Mutond a été à son tour visé par des sanctions du Trésor américain, aux côtés d’Evariste Boshab le ministre de l’Intérieur. Surtout, cet événement se déroule à un moment où la situation est de plus en plus tendue en RDC. Un dialogue direct et inclusif, à l’issue très incertaine, est en cours sous l’égide de la CENCO entre la majorité présidentielle et l’opposition (Le Rassemblement d’Etienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, et le MLC de Jean-Pierre Bemba et d’Eve Bazaiba). Au Congo, beaucoup soupçonnent M. Mutond, l’un des faucons du régime, de pousser le Président Kabila à l’épreuve de force avec la rue.

Mais cette attitude n’est pas du goût de tout le monde, y compris au sein de l’appareil sécuritaire congolais. L’armée est très divisée quant à un éventuel maintien de Joseph Kabila au pouvoir au-delà du terme constitutionnel de son second et dernier mandat, le 19 décembre prochain. Dans les rangs de la police, les avis semblent également très partagés.

Plus grave pour le régime, la Garde républicaine, réputée loyale au Président Kabila, et sur laquelle ce dernier espèrerait pouvoir compter pour mâter toute contestation dans les jours et semaines à venir, pourrait ne pas le soutenir de façon unanime (lire à ce sujet notre article : « RDC : et si la Garde républicaine lâchait Joseph Kabila ? »). Certains gradés au sein de cette garde prétorienne, composée de 15.000 hommes bien entraînés et armés, n’hésitent pas à critiquer Kalev Mutond. Ils lui reprochent eux aussi d’inciter Joseph Kabila à adopter une stratégie suicidaire d’affrontement avec sa propre population.

Selon des sources proches de l’enquête, ce seraient d’ailleurs des éléments de cette Garde républicaine qui seraient à l’origine du commando qui a pris pour cible la résidence de M. Mutond. Un événement interprété comme une mise en garde à l’attention du jusqu’au-boutiste patron des services de renseignement RD congolais.

 

VENDREDI 16 DÉCEMBRE 2016 / ADRIEN SEYES