Pour une force d’interposition en République Démocratique du Congo (RDC)

Depuis des décennies, la RDC traverse une crise politique aiguë. Elle s’est particulièrement empirée avec les élections contestées de M. Joseph Kabila aussi bien en 2006 qu’en 2011. A la tête du Congo depuis 2001, M. Kabila vient de habilement repousser la présidentielle devant désigner son successeur au 19 décembre 2016. Mais cette fois-ci, paupérisée à l’extrême et au paroxysme du désespoir, le peuple congolais s’oppose avec détermination à ce que ce tyran avéré et décrié rempile à nouveau par la violence. A la proche de la date butoir marquant la fin de son dernier mandat autorisé par la Constitution, la répression contre les activistes pro-démocratie, l’opposition politique, les manifestants pacifiques et les médias s’est intensifiée de manière alarmante. Il paraît évident que M. Kabila s’appuie sur la force pour rester au pouvoir.

 

Or, toutes les forces vives de la nation congolaise, les dirigeants de l’opposition, la jeunesse, les chefs coutumiers et des activistes pro-démocratie notamment, appellent tous les Congolais à descendre dans les rues si M. Kabila reste à son poste au-delà de la limite constitutionnelle. Le décor ainsi planté laisse craindre que le pays sombre dans une répression épouvantable, dans une violence généralisée et dans le chaos ; avec d’évidentes répercussions volatiles dans une région déjà très délicate et instable. Même si l’épiscopat de l’Eglise catholique a enclenché des négociations dites de la dernière chance en vue d’un accord politique, celles-ci semblent vouées à l’échec ; parce qu’elles cherchent à concilier des positions politiques diamétralement divergentes. Alors que le peuple, appauvri au plus haut degré, reste l’acteur le plus important, le plus déterminé et, sachant qu’il n’a plus grande chose à négocier, le plus imprévisible aussi.

 

Suivant les recommandations des ONG internationales, parmi lesquelles Human Rights Watch (HRW), la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) ou encore Reporters sans frontières (RSF), les ministres des affaires étrangères de l'UE ont, en octobre dernier, souhaité que l’Union européenne utilise tous les moyens à sa disposition contre les thuriféraires du régime coupables des violations des droits humains au Congo. En novembre suivant, le Parlement européen a adopté une résolution appelant l’Union européenne à infliger des sanctions ciblées contre les acteurs politiques congolais qui se rendraient répréhensibles en matière des droits humains et Etat de droit. Certes, de telles mesures peuvent avoir un effet dissuasif non négligeable. Toutefois, face aux risques majeurs que l’entêtement égoïste d’un individu et sa bande font courir sur une aussi immense population, nous, Suisses d’origine congolaise, Congolais résidant en Suisse et divers amis du Congo, réunis au sein du Collectif 1912, appelons à une force d’interposition pour éviter un bain de sang au Congo et prévenir l’implosion, aux radiations imprévisibles, de la région des Grands-Lacs africains.

 

Fait à Genève, le 8 décembre 2016

 

Au nom du Collectif 1912,

                                                                = le Porte-parole =
                                                            
Ferdinand Ilunga Nkonko