Obliger Kabila et sa clique à cesser d’insulter l’intelligence des Congolais

  

En colère, mobilisée et déterminée, la diaspora congolaise crée le Collectif 1912

Communiqué de presse

 

Face à la forfaiture d’un régime déterminé à se maintenir aux forceps, une structure ad hoc pour soutenir l’action de résistance du peuple souverain

 

Le Collectif 1912 est une des résultantes du Séminaire international et inter-associatif de concertation et de proposition organisé par la Convention des Congolais de l’Etranger (CCE) le 15 octobre 2016, à Bruxelles. Face au paroxysme de la crise politique déstabilisant la République Démocratique du Congo depuis des lustres et, surtout, à la détermination affichée par le régime en place de violer énième fois la Constitution du pays pour se maintenir au pouvoir malgré son rejet massif et tranchant par la population, la CCE avait jugé impérieux de réunir les autres organisations congolaises de la diaspora en vue d’une réaction concertée et la plus efficace possible. En fait, pourquoi une telle crise ? Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001 dans des circonstances qui gardent encore bien de zones d’ombre. Mais après plus de trois mandats d’imposture, tout indique qu’il n’est pas prêt à le lâcher. Et ce, même si la Constitution du Congo limite expressément les mandats présidentiels à deux. Quelle analyse de la situation par la diaspora elle-même ? Quelle position prendre collectivement pour soutenir le peuple ? Quelle réaction concrète de la diaspora ?

 

Obliger Kabila et sa clique à cesser d’insulter l’intelligence des Congolais

 

C’est avec beaucoup de perspicacité que le Séminaire de Bruxelles s’est penché sur les données de la crise. Par le dialogue politique encours, la stratégie du régime consiste à déboucher sur un accord politique légitimant le glissement. Dès lors, la question n’est plus de savoir si Kabila va violer la Constitution, mais de savoir si la diaspora congolaise va lui laisser la latitude de jouir en toute quiétude du généreux, honteux et atypique bonus que les dialoguistes s’apprêtent à lui concéder. Il a convoqué ces concertations après s’être assuré qu’elles lui tailleront, comme jadis, un compromis politique sur mesure en violation après coup de la Constitution. Machiavéliquement affamée, réprimée et massacrée un peu partout à de larges échelles, la population sur le terrain a-t-elle encore assez de ressorts, assez de ressources pour rechercher les méthodes les plus seyantes pour se débarrasser du joug de la dictature, de l’arbitraire et de la forfaiture ? En fait, elle n’a pas de choix ! Ses actes de résistance déjà posés doivent alors en appeler d’autres encore plus significatifs et dont l’objectif in fine est d’obliger Kabila et sa clique à cesser d’insulter l’intelligence des Congolais.

 

Comment transformer avec brio l'essai ?

 

Souvent zélée, la diaspora congolaise a néanmoins la faiblesse de se fourvoyer au moment crucial de concevoir des stratégies de riposte à la hauteur des vrais enjeux. Ainsi a-t-il été rappelé que tout glissement du régime actuel lui donnera les moyens et la latitude de s’enraciner plus que jamais. Que penser alors de la tiédeur des certains et du fourvoiement des autres devant une telle gravité de la situation ? Face à une telle portée des enjeux ? Au lieu de s’enflammer en contemplant son nombril pour des actions dérisoires et divaguer sempiternellement, il a été martelé qu’il est plus que temps de voir la diaspora congolaise s’illustrer enfin par des actions collectives bien ciblées et de grande envergure qui, sous d’autres cieux, ont déjà apporté la preuve de leur efficacité. Sous l’impulsion du Colonel Félix Mbayi Kalombo, de la fougue exaltante de l'Alliance des Forces Congolaises, AFC en sigle, ainsi que des stratèges de Dynamique Congo, un atelier s’est spécialement penché sur la question. Il est à l’origine de cette résolution phare instituant le Collectif 1912. Cette résolution a alors été adoptée avec enthousiasme et à l’unanimité par l’assemblée de circonstance dans un élan de vive espérance. Notamment grâce à la pertinence de la résolution sur le Collectif 1912, le Séminaire de Bruxelles a ainsi réuni en germe tout ce à quoi on voudrait désormais voir la diaspora congolaise s’atteler avec détermination en ces moments critiques. Il importe dès lors de transformer avec brio l'essai.

 

Encore de regrettables paralysants paradoxes à la congolaise !

 

Ce n’est pas rare et ce n’est pas le moindre des paradoxes dans la complexe communauté congolaise que de voir des gens prêcher une chose et, corrélativement, faire l’inverse dans le concret. Ainsi, après d’alléchants longs discours sur l’impératif de l’union, de la cohésion, d’un front commun au sein de toute la diaspora congolaise pour donner plus de visibilité, plus de relief à son action, surtout lorsqu’elle touche au domaine politique, et susciter plus de synergies collectives, des voix ont néanmoins émergé pour rejeter le projet de mémorandum, adressé à la Commission européenne, soumis par la CCE à l’appréciation de l’assemblée de circonstance ainsi qu’à son éventuelle adoption à l’issue d’un débat démocratique. Regrettable ! Voici des positions si pingres qu’elles confirment la thèse de la médiocrité congolaise face à l’agir collectif, hypothèquent l’aboutissement heureux des processus en cours et compromettent la réussite d’autres initiatives du même acabit. Que faire aujourd’hui ? Pour rentabiliser les efforts déployés dans l’élaboration de ce document, la CCE présentera finalement seule son mémorandum à la Commission européenne. Il revient dès lors au Collectif 1912 d’en élaborer un autre et de l’adresser, cette fois-ci, au Parlement européen. Des vœux ont été émis pour approcher la députée italienne d’origine congolaise, Madame Cécile Kyenge Kashetu pour l’impliquer dans le processus du dépôt du Mémorandum dès son adoption.

 

D’autres résolutions évoquées, mais non formellement adoptées !

 

Même s’il n’y a pas eu de débat formel pour les adopter, d’autres résolutions émises dans des échanges et prises de position méritent d’être rappelées. Elles pourraient notamment faire l’objet d’une adoption on line. Parmi les plus pertinentes, on peut mentionner :

 

  1. identifier, dresser et tenir on line la liste des martyrs de la démocratie ;

 

  1. identifier, dresser et tenir on line la liste des collabos ;

 

  1. créer une interface pour assurer le lien entre la diaspora et le peuple sur le terrain ;

 

  1. mettre en place un observatoire électoral chargé de suivre le processus électoral au Congo pour suggérer des actions à initier en vue de le soutenir ;

 

  1. faire une collecte de fonds (fundraising) en vue de soutenir les manifestations au pays ;

 

  1. créer une commission anti-bien-pensante etc…

 

Vers une nouvelle ère dans la mobilisation diasporique congolaise

 

Que présage la suite, quid de l’après-séminaire ? En effet, bien que si palpable dans la salle Schuman le 15 octobre dernier, la détermination des Congolais présents ne saurait se muer seule en action concrète. La responsabilité de confirmer l’essai incombe dorénavant à la Convention des Congolais de l’Etranger, CCE en sigle, organisatrice du Séminaire. Il urge qu’elle organise dans un délai idoine une nouvelle rencontre pour mettre en place le Collectif 1912. Il serait alors plus judicieux encore que cette prochaine rencontre s’ouvre davantage aux organisations congolaises de la diaspora et que chaque Congolais de l’étranger, où qu’il soit, mobilise ses réseaux pour convaincre le maximum de gens à y participer ; afin que la rencontre inaugure une nouvelle ère dans la mobilisation diasporique.