DECLARATION DE COLOGNE

diaspora congolaise, en tant que telle, n’échappe pas aux fléaux qui paralysent la société congolaise tout entière : peu encline à la rencontre et à l’échange, elle est éclatée, divisée, suspicieuse..

DECLARATION DE COLOGNE

Adoptée à l’issue de la Journée de réflexion et departage avec pasteurs et prêtresd’origine congolaise en Allemagne

Köln, samedi 18 juin 2016

  

 

 

 

« Pour une solidarité patriotique agissante entre Congolais ainsi qu’avec la mère-patrie »

 

Nous soussignés, Congolais de la diaspora et ceux venus du pays, Membres de la Convention des Congolais de l’Etranger, Membres d’autres structures associatives congolaises ou étrangères, Amis du Congo domiciliés en Allemagne et ailleurs dans le monde et ayant fait le déplacement ;

 

Venus à la rencontre des pasteurs et prêtres de notre communauté diasporique, à Cologne (Allemagne), sur invitation de la Convention des Congolais de l’Etranger (CCE), afin de réfléchir et débattre sur le rôle qu’ils ont à jouer dans nos préoccupations communautaires ; s’agissant notamment de questions relatives à notre intégration dans nos pays de résidence et de la solidarité avec notre pays d’origine ;

 

Remerciant la Convention des Congolais de l’Etranger pour l’occasion qu’elle offre de faire le point sur ces thèmes de brûlante actualité et poser à froid un regard inquisiteur sur les faits afin d’évaluer plus efficacement les meilleurs rapports à développer avec la citoyenneté d’ici et l’appartenance à la nation congolaise ;

 

Conscients du rôle que la diaspora, estimée à 1/10ème de la population congolaise, soit environ 8 millions, vu son ampleur numérique et la qualité de son engagement, peut jouer en termes de solidarité entre ses membres pour faciliter son intégration partout où elle est implantée dans le monde, d’une part, et en termes de solidarité avec la mère-patrie pour contribuer à son essor sur tous les plans, d’autre part ;

 

Constatant qu’enfermée elle-même dans des logiques caractéristiques des problèmes sociétaux qui gangrènent l’ensemble de notre peuple, cette même diaspora congolaise est divisée, éclatée, de ce fait inefficace dans son action et incapable de développer un dynamisme et des vertus communautaires salvateurs ;

 

Mus par la préoccupation que nous portons, en tant que composante à part entière et non négligeable du peuple congolais, de notre grande responsabilité devant l’histoire, devant les générations présentes et futures, au regard de notre position « privilégiée » par rapport au reste de ce même peuple qui croupit dans le désespoir, la misère, l’ignorance, l’insécurité, la violation de ses libertés fondamentales et autres fléaux portant préjudice à son épanouissement ;

 

Soucieux d’aller à la rencontre des Congolais, dans une démarche d’ouverture, chaque fois que le besoin se fait sentir et que cela est possible, pour les écouter, discuter avec eux, évaluer sous toutes les coutures les préoccupations communes partagées de notre condition, afin de les rassembler, de tenter de les convaincre de cheminer avec nous dans une action de nature à matérialiser plus efficacement le projet de la Convention des Congolais de l’Etranger ;

 

Eu égard à notre condition diasporique ainsi qu’à la situation générale de notre pays, après réflexion, analyse et débat entre nous, épris d’esprit démocratique et d’amour patriotique, faisons, autour de nos ministres de culte, invités pour la circonstance, le constat ci-après :

 

1.La mauvaise gouvernance de notre pays par ses fils et ses filles – ayons le courage de le dire –, cumulée à l’action maléfique des puissances extérieures depuis son accession à l’indépendance en 1960, constitue la cause majeure du sous-développement et des souffrances innombrables du peuple congolais ;

 

2.Cette mauvaise gouvernance met en évidence, en première ligne mais à des degrés divers, la responsabilité des dirigeants politiques nationaux et locaux, qui ont coutume de prendre impunément des libertés avec le pacte social républicain qui soude notre peuple autour de la Constitution, d’où pour nous la nécessité de revendiquerl’émergence d’une nouvelle classe politique au Congo ;

 

3.Il est quasi certain que les élections n’auront pas lieu cette année 2016 dans les délais constitutionnels, ce qui constitue une preuve patente, si besoin était encore, de cette mauvaise gouvernance dont nous venons de parler ;

 

4.La dictature, depuis longtemps, a favorisé la culture des antivaleurs qui rongent notre société, nous empêchant d’œuvrer à la construction d’un Congo de justice pour tous et de prospérité matérielle qui profite à tous, d’un Congo digne du XXIe siècle, vu notre taille critique et nos potentialités ;

 

5.Une forte conviction nous habite que le « mal congolais » étant avant tout un problème d’ordre éthique, la solution de la refondation du vivre-ensemble à l’échelle nationale, pour nous en sortir, passe par une démarche de réappropriation des principes et valeurs éthiques ancestrales que nous foulons aux pieds jusqu’à présent ; cette réappropriation doit devenir une priorité de l’action gouvernementale, à travers notamment les programmes éducatifs, car elle seule est capable de donner un « supplément d’âme » à nos institutions ;

 

6.La diaspora congolaise, en tant que telle, n’échappe pas aux fléaux qui paralysent la société congolaise tout entière : peu encline à la rencontre et à l’échange, elle est éclatée, divisée, suspicieuse à fleur de peau, minée en son sein par les théories du complot et la diabolisation systématique ;

 

7.Les corps de métiers, dont les pasteurs et prêtres d’origine congolaise, constituent à nos yeux une piste non négligeable à exploiter, parmi d’autres, autour desquelles il est possible de réfléchir aux stratégies que la diaspora peut et doit mettre en place pour affronter les problèmes engendrés par son intégration et les soucis qu’elle nourrit d’organiser une solidarité avec la mère-patrie ;

 

En tenant compte de tout ce qui précède, raffermis moralement par le discours sur les valeurs entendu de la part de nos ministres de culte, invités du jour, édifiés par nos échanges et nos discussions, nous nous engageons en notre âme et conscience à ce qui suit :

 

1.Travailler en étroite collaboration avec nos ministres de culte comme corps de métiers, pour la recherche de solutions aux problèmes que pose notre intégration diasporique, les termes de cette collaboration organisée restant à définir chaque fois au plus près du terrain par les structures autorisées de la Convention des Congolais de l’Etranger, en accord avec ses statuts et son règlement intérieur ;

 

2.Profiter pleinement de cette opportunité pour nous forger nous-mêmes un avis authentique des objectifs réels poursuivis par la Convention des Congolais de l’Etranger, au-delà des clichés défavorables ressassés souvent à son encontre et, conséquemment, soutenir ses actions avec énergie et conviction ;

 

3.Œuvrer à recréer la confiance entre nous, qui manque tant et, grâce à notre combativité, travailler à prolonger l’action de la société civile au pays, qui milite sans ménagement, à côté d’autres forces vives nationales acquises au changement, pour la tenue des élections crédibles, transparentes, apaisées et conformes aux standards internationaux, et pour que notre pays ne s’enfonce pas de manière irréversible dans une dérive autoritaire du pouvoir ;

 

4.Contribuer de toutes nos forces à la renaissance morale de l’homme congolais, par la réactualisation de nos valeurs culturelles aujourd’hui bafouées, mais qui restent incontournables pour le développement de notre pays et son émergence dans le monde, afin de redorer le blason perdu de la fierté d’être Congolais ; car l’éthique est la voie royale à emprunter si nous voulons vivifier nos institutions, leur permettre de fonctionner normalement, dans le but de les engager à appliquer les différents instruments juridiques nationaux et internationaux qui aident à construire réellement au Congo un Etat de droit que nous appelons tous de nos vœux.

 

Adoptée le samedi 18 juin 2016, à Cologne

 

Assemblée délibérante :

Abbé

Constantin

Panu-Mbendele

Landau

Apôtre

Danyo

Ilunga

Gummershach

M.

Tubipata

Mujanayi

Vienne

M.

Jules

Makofo

Allemagne

M.

Gracien

Mukanana

Allemagne

M.

Dédé

Kiamba

Allemagne

M.

Nsonja

Diasikila

Kerpen

M.

Yves Ndagand

Badosanye

Goma (RDC)

M.

Alain

Muntumosi

Köln

M.

Nicaise

Mboma

Wuppertal

M.

Charles

Ntuité

Köln

M.

A. Félicien

Muembia Ilounga

Allemagne

M.

Guy Lambert

Santimi

Bruxelles

M.

Elvis

Tshilumba Nsenda

Renens (Suisse)

M.

Didier

Tshilumba

Köln

M.

Paul

Sedzro Kodjovi

Wesseling

M.

Prenz

Nsongo

Kerpen

M.

Merlrunor

Kapaga

Allemagne

M.

Paul

Krause

Köln

M.

Hippolyt

Mondo

Köln

M.

Mbay

Boze

Bonn

M.

Martens

Nyumba

Allemagne

M.

Kerwin

Mayizo

Paris

M.

Guillaume

Kalombo

Allemagne

M.

Sébastien

Muamba Bakafua

Bruxelles

M.

Adam

Kabasele Bantu

Belgique

M.

Jean-Claude

Dienena

Allemagne

M.

Ibrahim

Diallo

Köln

M.

Ange

Kraftig Kikuni

Köln

M.

Mattope

Ghi’Piany

Allemagne

M.

Sebastien

Franc

Allemagne

M.

Raymond

Pasi

Cologne

M.

Cikara

Mukengere

Allemagne

M.

Pat

Patoma Gboya

Belgique

M.

Blaise

Batatabo

Austria

M.

Albert

Malekera Cirimwami

Belgique

M.

Pontien

Kayumba

Allemagne

M.

Edy Mify

Nsembo

Allemagne

M.

Lumbamba

Kanyiki

Allemagne

M.

Lwakale Mubengay

Bafwa

Genève

M.

Dieudonné Dido

Lakama

Bruxelles

M.

Kasidi

Makilutila

Bruxelles

M.

Merlin

Matudidi

Allemagne

M.

Sylvin

Kapongo

Allemagne

M.

Drau

Ngoma

Allemagne

Mme

Espérance

Sumbu

Kerpen

Mme

Marie

Köhler

Köln

Mme

Deborah

Makieleka

Köln

Mme

Gisèle

Mandaila Malamba

Bruxelles

Mme

Suzanne

Monkasa

Ruisbroek

Mme

Emma

Bibikulu Kumbela

Bruxelles

Mme

Séverine

Tshimini Mbuyi

Genève

Mme

Marianne

Krause

Köln

Mme

Becky

Azossie Fanko

Köln

Mme

God

Okitembo

Strasbourg

Mme

Arsène

Bondjuka Djamba Machu

Amneville

Mme

Angela

Mayrhofer

Austria

Mme

Magali

Tshitungu Tshibuabua

Allemagne

Mme

Philomène

Muamba

Bruxelles

Mme

Jeannine

Moninga

Bruxelles

Mme

Mafi

Mkakieleka

Allemagne

Pasteur

Affo

Mudiadambu

Wuppertal

Pasteur

Odon

Beteyo

Allemagne

Pasteur

Fidèle

Mushidi

Allemagne

Pasteur

Simon-Pierre-Richard

Tshitungu Kapinga Mupompa

Allemagne

 

Dr.

Denis

Mukuna

Allemagne