Appel à contribution

30 juin 1960 - 30 juin 2015

Quel bilan pour la « République Démocratique » du Congo indépendant ?

« Indépendance cha-cha tozuwi ye ! / Oh Kimpwanza cha-cha tubakidi / Oh Table Ronde cha-cha ba gagner o ! / Oh Lipanda cha-cha tozuwi ye ! »

Aujourd’hui, le refrain ci-dessus ne dit probablement plus grand-chose à grand-monde. Mais, le 30 juin 1960, des millions de Congolais apprirent l’indépendance de leur pays par ce refrain d’une chanson qui fit entrer son auteur, Roger Izeidi, le groupe African Jazz et son animateur, Joseph Kabasele, dans l’histoire. Quel élan d’espoir soulevé dans tout le pays ! Quel enthousiasme ! 55 ans après, où en sommes ? Quel bilan sur les institutions de la République Démocratique du Congo ? Comment ces institutions ont-elles pensé au peuple depuis que les richesses du pays ne sont plus partagées avec l’exploitant colonisateur ? Et, grâce aux échéances électorales imminentes, comment consolider la République et la démocratie ?

Cette année, la commémoration du 55ème anniversaire de l'indépendance du Congo intervient dans un contexte bien particulier ; marqué d'abord par les échéances électorales. A tous les échelons, les scrutins sont à organiser selon un processus ascendant devant culminer dans l'élection présidentielle en novembre 2016. D'aucuns s'interrogent alors si tous ces scrutins auront effectivement lieu. Y-a-t-il une véritable volonté de les organiser ? Les moyens seront-ils réunis et disponibles ? Les velléités de modifier la Constitution, qui s'étaient manifestées, laissent penser que l'alternance du pouvoir n'est pas une priorité pour la majorité en place. La Chambre haute, le Sénat actuel, étant en dehors des délais constitutionnels, force est de se demander avec quelle légalité, sous quelle légitimité agit-elle encore ?

 Outre les élections, la décentralisation et le découpage territorial suscitent aussi des questions. Des leçons ont-elles été tirées du découpage des années 60 (l'expérience des « provincettes ») avant de s'appliquer à cette nouvelle épreuve ? Les moyens seront-ils disponibles pour procéder à l’installation des institutions provinciales viables et efficaces ? Le sentiment national est-il assez fort dans le Congo d’aujourd’hui pour prévenir que ce découpage ne soit pas assimilé par certains au séparatisme avec tout son lot de conséquences redoutées pour une nation aussi jeune et aussi fragile ? Comment concilier décentralisation et unité nationale ?

 Par ailleurs, les violences récurrentes à l'Est du pays, les incursions des armées des pays voisins, la faiblesse du contrôle de l'Etat sur la population et sur les frontières, les déficits criants dans la fourniture des services sociaux de base à la population (logement, eau, nourriture, électricité, éducation etc. ), les faiblesses des institutions régaliennes telles que l'administration, la police et l'armée suscitent des questions sur l'effectivité, l'efficacité et la solidité de l'Etat congolais. Celui-ci obéit-il à une logique démocratique ? Remplit-t-il ses missions traditionnelles ? Comment est recruté, formé, évalué et sanctionné le personnel qui le sert ? Les valeurs qui orientent les actions et pratiques de ce personnel sont-elles susceptibles de conduire à la reconstruction, au redressement du pays et à son rayonnement ?

 Au moment de célébrer le 55ème anniversaire de l'indépendance du Congo dit démocratique, face à une économie dépendante et extravertie, dépourvue de classe moyenne congolaise et dominée par des groupes étrangers, au moins trois questions devraient inviter à la méditation. Ici, l'existence même du Congo en tant qu'Etat et nation est engagée. 55 ans après, quelle est la qualité de la vie au Congo pour un Congolais ? Où en est l'Etat congolais ? Comment consolider les acquis démocratiques face aux échéances électorales imminentes ?

 Soucieuse de célébrer dans la méditation les festivités commémoratives du 55ème anniversaire de l'indépendance du Congo-Kinshasa, la Convention des Congolais de l’Etranger propose, du 11 au 12 juillet 2015, un colloque au cœur de l’Europe occidentale, au Luxembourg plus précisément, comme occasion d'articuler la réflexion autour des thèmes suivants :

 

A. Bilan de l'indépendance :

  • domaine politique et administratif ?
  • domaine socio-économique ?
  • domaine culturel ?

 

B. Perspectives d’avenir :

  • quelles élections pour une alternance apaisée au pouvoir ?
  • quelles structures pour que l’économie du Congo réponde aux besoins réels de sa population ?
  • les facteurs culturels ont-ils un impact sur la faillite de l’Etat congolais postcolonial et sur le sous-développement continu du pays ?
  • la place et le rôle de la diaspora dans les efforts de redressement du Congo ?

 

C. La décentralisation :

  • teneur et ampleur du processus en cours ?
  • leçons à tirer du passé ?
  • perspectives d'avenir ?

 

En résumé et au final, cinq sujets ont été retenus comme cadre pour limiter et structurer la réflexion :

  • De l’Indépendance à aujourd’hui, quel bilan politique ? Quelles perspectives ?
  • La décentralisation territoriale en cours au Congo, un atout ou une impasse ?
  • L’impact des facteurs religieux sur l’évolution de la société congolaise ?
  • Les forces et faiblesses de l’économie congolaise aujourd’hui ?
  • Comment créer un réseau économico-financier pour booster l’entrepreneuriat congolais ?

 

Ce colloque, qui réunira des spécialistes de la question congolaise dans les principaux domaines de la vie courante en vue de dresser aÌ nouveau le bilan de la gouvernance et de la gestion congolaises postcoloniales, vise à proposer les solutions les plus pointues et les plus efficaces pour sortir le pays des crises et de l’impasse actuelles. Les contributions peuvent se rattacher à un ou plusieurs des fils de réflexion proposés. Les axes, thèmes et objets évoqués ne doivent être ni forcément exhaustifs ni nécessairement limitatifs, et les auteur-e-s sont invité-e-s à les combiner en prévision du débat auquel l’ensemble du public est invité à contribuer.

Les personnes inspirées et intéressées à répondre à cet appel sont invitées à s’annoncer avant le 31 mai 2015. Les propositions de communication sont à transmettre avant le 15 juin 2015 avec :

  • un résumé de l’exposé n’excédant pas 2'000 signes, espaces compris ;
  • un titre du projet de communication ;
  • les noms, fonctions, institution d’appartenance et adresses électroniques des auteurs.

 

Organisation et contact :

 

E-mail officiel de contact : Info@conventiondescongolaisdesuisse.ch

 

 

 

 

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