Se rassembler autour d’une ambition et des valeurs !

Méfiance, défiance et défaitisme ont façonné négativement mentalités et comportements des Congolais !

 

La diaspora congolaise, en Suisse et partout ailleurs dans le monde, peine à s’organiser, à construire une vie communautaire structurée ; elle est à l’image de ce qui se passe au pays. Quantitativement considérée comme l’une des plus importantes en Suisse et dans le monde, elle sommeille, n’a pas pris la mesure de la force qu’elle constitue, capable de changer sa vie et d’influer sur le destin du Congo. Tout compte fait, la diaspora congolaise ne croit pas en elle-même ! On pourrait disserter à l’infini sur les causes de cette anomalie. Une chose paraît sûre : dans notre pays, la dictature, dont nous avons été et continuons à être les victimes, a façonné négativement notre culture civique et engendré des conséquences sur nos mentalités et nos comportements dont nous avons encore beaucoup de mal à nous défaire, malgré le temps écoulé apparemment déjà long – même si nous savons que, pour la vie des peuples, le temps existentiel des individus n’est pas censé correspondre au temps historique. La méfiance, la défiance et le défaitisme généralisés, qui règnent en maître au sein de notre diaspora, sont l’expression visible de notre mal-vivre et suffisent à en rendre compte.

 

Nous sommes néanmoins capables à tout moment de bien faire pour mieux vivre ensemble ; un retournement de situation est encore possible !

 

Et pourtant, le marasme ambiant de notre vie diasporique ne constitue nullement une fatalité à jamais irréversible. Mais nous éprouvons beaucoup de mal à nous en convaincre, tant les séquelles psychiques des fléaux de la dictature que nous trainons avec nous tardent à disparaître. Comme êtres humains et comme communauté, nous sommes toujours capables à tout moment de bien faire pour mieux vivre, un retournement de situation est toujours possible ; il suffit pour cela que nous en prenions conscience, que nous en ayons la volonté et que nous nous en donnions les moyens. Nous avons le choix entre la vie et la mort, choisissons la vie. La diaspora congolaise n’est pas condamnée, seules nos mentalités et nos comportements le sont.

 

Seule la force de l’unité nationale congolaise peut éviter au Congo de sombrer dans le KO !

 

De même que la diaspora, notre République traverse une crise politique, économique et sociale profonde. Le risque d’une rupture complète de l’élan démocratique ne peut être exclu, surtout avec ces habituelles révisions constitutionnelles intempestives, opérées non pas dans l’intérêt du peuple congolais mais pour avantager une famille politique, du genre de celle qui a été annoncée pour la rentrée parlementaire en perspective. Tout part à vau-l’eau : insécurité endémique à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières, corruption et concussion institutionnalisées, détournements de deniers publics dans une totale impunité qui accentue la mauvaise gestion des finances de l’Etat, dette extérieure abyssale, piétinement des droits de l’homme, assujettissement du pouvoir judiciaire au pouvoir exécutif  en violation de la Constitution, éducation et santé publiques négligées, manque de fermeté vis-à-vis de l’Angola qui pompe du pétrole congolais en violation du droit international maritime, incapacité d’opposer une résistance farouche à l’Ouganda, au Rwanda et au Burundi qui nous agressent continuellement, et mille autres fléaux encore qui font que le Congo est au bas de l’échelle de tous les indices internationaux de développement humain.

 

Seule la force de l’unité nationale congolaise permet encore de protéger la faiblesse de l’exécutif actuel, mais, à ce rythme, le Congo sera bientôt KO. A qui la faute, si ce n’est au pouvoir en place à Kinshasa, qui, par son indécision et ses erreurs, par son incurie, a fait basculer le pays dans le désarroi ? Nous savons que le débat artificiellement provoqué sur la révision constitutionnelle n’est qu’une manœuvre dilatoire, parmi d’autres, pour servir aux gouvernants qui ont complètement échoué sur le plan social, à obtenir par la ruse la prolongation d’une légitimité que le peuple congolais ne peut leur conférer par la confiance. Voilà où mène la démagogie ! Cela dit, les critiques ne seraient pas aussi cruelles si les résultats étaient au rendez-vous et si, au sommet de l’Etat, le vide de leadership n’était pas abyssal. On ne refonde pas une politique qui échoue, on la remplace.

 

Risée de tous et à la croisée des chemins, le Congolais doit choisir entre le sursaut et le naufrage !

 

Ici, de nouveau, il n’y a pas de fatalité. Aucun patriote digne de ce nom ne peut se réjouir de voir notre pays si mal en point, devenu la risée de tout le monde. Le peuple congolais est dans le doute. Il se trouve à la croisée des chemins, il doit choisir maintenant entre le sursaut et le naufrage, car la gravité de la situation l’exige. Mais nous savons qu’il aspire à retrouver un Congo dynamique, prospère et plus juste. Puisqu’il en a les moyens, nous sommes convaincus qu’il fera preuve de vertu républicaine pour conjurer le mauvais sort, en agissant avec courage, malgré l’impatience et les déceptions.

 

Les Congolais doivent savoir se rassembler autour de l’ambition et des valeurs !

 

Notre nation n’est pas condamnée. C’est notre système politique qui l’est. Grâce à ses ressources (humaines et naturelles), le Congo réunit tous les atouts pour regarder l’avenir avec confiance. Il est temps pour notre pays de retrouver un chemin d’action qui le hisse, dans le concert des nations, à la place qui lui revient de droit. Pour le peuple congolais, ce n’est pas le moment de renoncer au combat. Un sursaut que nous appelons de tous nos vœux est donc nécessaire. Le peuple doit savoir se rassembler autour de l’ambition et des valeurs que doit incarner un nouveau leadership démocratique dont il doit se doter pour effectuer ce retournement de situation. Le Congo peut se reformer en deux ans, commencer à se relever en cinq ans et, en l’espace de dix-quinze ans, il peut devenir la première puissance africaine, bien avant l’Afrique du Sud ou le Nigéria.

 

Le discernement à la lumière du débat contradictoire ; sans sur-jouer nos désaccords ni surfer sur nos différences !

 

Cet objectif d’aider notre pays à se réveiller et à se relever doit être le nôtre, nous membres de la diaspora. Car le peuple congolais tout entier a le regard tourné vers nous pour nous inciter à peser de tout notre poids sur l’évolution du pays. Et c’est tout à fait notre honneur d’initier cette Convention des congolais de l’étranger, espace de débat démocratique où il va falloir organiser la confrontation des idées pour clarifier les choix et dégager les compromis indispensables à proposer à notre peuple pour le redressement du pays. Ne nions pas nos différences. Elles sont naturelles. Mais, rassemblés et unis, comme notre peuple a toujours su le faire aux heures sombres de son histoire, nous pouvons les surmonter pour répondre aux attentes des Congolais et du Congo. C’est ce qu’ils nous demandent à nouveau aujourd’hui : ne pas sur-jouer nos désaccords, ne pas surfer sur nos différences, rejeter les stratégies purement médiatiques et personnelles et nous rassembler dans l’intérêt du pays, non par esprit de discipline, mais par respect de l’éthique de responsabilité qui doit nous guider.

 

Genève, le 14 décembre 2014

 

 

Avec le soutien de WWW.ORGANICA-CARE.COM 
soins bio et produits naturels