Prenons nos responsabilités...

DECLARATION DE LUXEMBOURG

12 juillet 2015

POUR UN SOUTIEN CONTINUEL A L’ACTION DE LA CONVENTION DES CONGOLAIS DE L’ETRANGER

 

Nous, Congolais résidant au Congo et ceux vivant à l’étranger, membres de la Convention des Congolais de l’étranger, Amis du Congo (RDC), venus de partout et réunis ici en ce moment ;

 

Invités au Grand-Duché du Luxembourg, à Luxembourg, par la Convention des Congolais de l’étranger, CCE en sigle, pour participer à un colloque les 11 et 12 juillet 2015, en marge de la commémoration du 55e anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, colloque intitulé « Congo : quel bilan après 55 ans d’indépendance ? Quelles perspectives ? » ;

 

Saluant les efforts consentis par la Convention des Congolais de l’étranger, en sa qualité de comité organisateur, pour nous offrir un cadre de réflexion et de méditation digne de l’évènement que nous commémorons ;

 

Conscients de l’importance de cette rencontre en ce moment crucial où notre pays se trouve à la croisée des chemins, étant à la veille des échéances électorales importantes qui peuvent ou bien diviser le peuple congolais, en l’enfonçant dans la violence et le chaos, ou bien le mettre de nouveau à espérer si tous les acteurs politiques jouent le jeu démocratique et respectent l’esprit et la lettre de notre Constitution ;

 

Engagés, face aux périls de tous genres que traverse notre pays à l’heure actuelle, à œuvrer pour le rassemblement de notre communauté diasporique, la consolidation de l’unité nationale, la préservation de l’intégrité territoriale et la souveraineté du Congo ;

 

Forts du rôle important que nous, Congolais de l’étranger, par la force des choses, jouons déjà au sein de la nation congolaise, en tant que vivier des élites et d’une manière générale des ressources humaines nécessaires au développement de notre pays, et en contribuant largement à la paix sociale par nos apports financiers, estimés à une moyenne de 10 milliards de dollars US ;

 

Par la présente, après une analyse rigoureuse de la situation ayant conclu à un bilan négatif de 55 ans d’indépendance, constatons avec beaucoup de regret ce qui suit :

 

1. L’inefficacité de l’action gouvernementale, consécutive à l’absence de vision caractérisée, s’agissant de fixer les priorités, d’une part, de nature à accélérer la démocratisation du pays, de manière à bâtir un Etat de droit respectueux des droits humains (par exemple les priorités d’ordre administratif et institutionnel) et, d’autre part, celles tendant à améliorer le bien-être social des citoyens ;

 

2. L’impuissance de l’Etat face à la « culture du sous-développement » endémique qui tire le Congo vers le bas depuis belle lurette et entrave la modernisation tant souhaitée, laquelle culture du sous-développement est caractérisée par les fléaux bien connus : la corruption, la concussion, le détournement des deniers publics, le blanchiment de l’argent sale, l’impunité, le népotisme, le tribalisme, le régionalisme, le clientélisme et toutes sortes de favoritisme ;

 

3. L’incurie ou le silence coupable des autorités politiques devant leur responsabilité constitutionnelle régalienne de préserver à tout prix l’intégrité territoriale de l’Etat congolais face aux violations répétées perpétrées par les Etats voisins expansionnistes (Angola, Rwanda, Ouganda), et face à leurs conséquences sur les populations de l’arrière-pays ;

 

4. L’immobilisme – ce mot est ici un euphémisme – des autorités congolaises compétentes face aux problèmes majeurs de grande urgence pour notre pays : la sécurité des personnes et des biens, à l’Est et sur toute l’étendue du territoire national, en particulier à Beni et dans l’Ituri ces derniers temps ; la protection des Congolais refoulés des pays limitrophes (Congo-Brazzaville, Angola) dans des conditions infrahumaines ; l’amélioration du niveau de vie de nos populations, par rapport surtout aux besoins fondamentaux (alimentation, soins de santé, éducation, formation, logement, vêtements) ;

 

5. La perversion de la fonction publique chez les mandataires, tous partis politiques confondus, tous préoccupés davantage à se positionner par rapport aux échéances électorales annoncées de 2016, uniquement dans leur intérêt, au détriment de celui de notre peuple, dont ils ne se donnent même pas la peine d’éclairer la lanterne par des projets de société sérieux et crédibles ; nous en voulons pour preuve l’immense quantité de doublons (tenez : 673 cas !) découverts dans le fichier électoral chez les candidats à la députation provinciale officiellement enregistrés pour les prochaines élections ;

 

Eu égard à ce qui précède :

 

1. Restons convaincus que l’engagement sincère observé lors de notre colloque et la passion avec laquelle nous avons débattu de la situation de notre pays constituent le gage de notre commune détermination de regarder dans la même direction en dépit de nos différences, en nous tenant la main et nous serrant les coudes, pour construire ensemble un Congo plus beau qu’avant ;

 

2. Prenons nos responsabilités, en ce moment où nous venons d’établir un bilan critique de 55 ans d’indépendance du pays, après une analyse appréciative et explicative, face au devoir qui nous incombe, en notre qualité de fils et filles du pays et de membres à part entière de la société civile congolaise, d’accompagner de manière citoyenne notre pays et notre communauté diasporique vers un avenir meilleur ;

 

3. Soutenons les initiatives engagées jusqu’à présent, et celles à venir, par la Convention des Congolais de l’étranger dans l’intérêt de la diaspora et en vue de la solidarité tous azimuts avec notre pays meurtri, en particulier l’initiative d’organiser en Suisse, dans les mois à venir, une « semaine congolaise » pour faire connaître notre pays et celle concernant à défendre les droits de nos compatriotes refoulés du Congo-Brazzaville, en nous constituant partie civile pour déposer une plainte pénale devant une juridiction à compétence universelle ;

 

4. Encourageons ladite Convention des Congolais de l’étranger à entreprendre d’autres initiatives de même type pour défendre nos droits, tels que le respect par l’Etat congolais de l’irrévocabilité de la nationalité congolaise d’origine, le droit de vote aux élections de 2016 dans nos différents pays de résidence, et pour mener des actions symbolisant le rôle que nous pouvons davantage jouer pour la reconstruction économique et l’émergence au Congo d’un Etat de droit moderne, digne du XXIe siècle, appelé à compter en Afrique et dans le monde, conformément à la taille critique du pays.

 

Fait à Luxembourg, le 12 juillet 2015

 

- Mme Ida Kerrad                                                                  

- Mme Christine Kibwe Tundwa                     

- Mme Arsène Ndjamba Bondjuka             

- Dresse Aurore Kinduelo                               

- Pasteur Simon Pierre Tshitungu                              

- Mme Séverine Tshimini Mbuyi                

- Mme Juliette Binyungu                            

- Mme Maguy Ciszewski                            

- Mme Bébé TambweMulonge                  

- M. Wilkens E. Alhongo

- M. Georges Alula

- M. Lwakale Mubengay Bafwa

- M. Alexandre Banzeba

- M. Kassa-Kassa Bokomba

- M.Bob Caïembe

- M. Gédéon Ekulu Ndiakana

- M. Ferdinand Ilunga Nkonko

- M. Blaise Kabamba Baludikayi

- M. Dieudonné Kabimbi Ngoy

- M. Anselme Kabongo

- M. François Kamba Balanganayi

- M. Joseph Rofer Kambala

- M. Max Longumu

- M. Jeff Kashama Lusamba

- M. Albert Malekera Cirimwami

- M. Kerwin Mayizo

- M. Patrick Mboyo

- M. Anicet Mobe

- M. Lu-Kashadi Mubikayi Mulumba

- M. Dieudonné-Daniel Musabuka N’Kena

- M. Adolphe-Matthieu Ngalamulume Tshilumbayi

- M. Clovis Nsingi

- M. Jean-Paul Ose Ekulu

- M. Pat Patoma

- M. Edouard Saty