Programme social

Convention des Congolais de l’Etranger

Charmey, du 12 au 14 décembre 2014 

Atelier Social : résolutions et recommandations

 

Objectif imparti à l’atelier

Dans le cadre de l’Atelier social, il s’est agi de déterminer comment atteindre les objectifs de réseautage, de cohésion, d’union, de solidarité intergénérationnelle et intercommunautaire pour une meilleure intégration sociale de la diaspora congolaise à l’étranger.

 

Principe général adopté par l’Atelier en début des travaux

Les membres de l’Atelier Social ont été d’avis que la structure faitière naissante des Congolais de l’étranger trouvera sa raison d’être que si et vraiment si elle peut apporter une réelle plus-value à la diaspora congolaise en répondant au besoin d’intégration sociale dans la vie quotidienne des personnes et ce, notamment en recherchant, en réunissant et en mettant en libre accès des informations pratiques et utiles pour chacun des membres de la communauté.

 

Discussion, résolutions et recommandations

Après l’état des lieux de la situation globale et à l’issue d’un débat fourni, parfois contradictoire face à l’évaluation des propositions émergeantes, les membres de l’Atelier Social recommandent la mise en place, au sein d’une structure faîtière associative, sans but lucratif et de droit suisse, une Commission technique sociale chargée de promouvoir ou d’exécuter elle-même ou par agences spécifiquement orientées, les missions sociales concrètes suivantes :

 

1.      Accords bilatéraux entre le Congo et les pays d’immigration congolaise pour gérer au mieux les indemnités de la retraitedes aînés et des assurances sociales

Depuis belle lurette, le problème se pose déjà ; il va se développer avec plus d’acuité encore avec le temps : comment adéquatement sa retraite en Occident surtoutlorsqu'on est étranger congolais de première génération d'immigration ? En effet, l’afflux massif des Congolais vers l’étranger remonte à l’ère de la dictature mobutienne ; il y a déjà plus d’une trentaine d’années. Aujourd’hui, le nombre de Congolais de l’étranger atteignant l’âge de la retraite ne cesse de croître. Or, beaucoup étant arrivés à l’étranger à l’âge adulte dont les carrières professionnelles antérieures ne sont pas souvent reconnues dans les pays d’accueil, la plupart ne totalisent donc pas le minimum requis d’années de cotisation AVS pour prétendre à une retraite décente. Par ailleurs, corollaire aux incidences inhérentes à l’immigration, racisme et xénophobie notamment, une bonne partie des Congolais n’exercent que des métiers à bas salaires, en dépit des bonnes qualifications des certains ou des prestigieux diplômes des autres ; ils ne peuvent généralement pas aspirer à des indemnités de retraite confortables.

A l’insuffisance des indemnités de retraite, il faut en outre ajouter les sollicitations financières quasi quotidiennes des familles restées au Congo et confrontées à l’état économique catastrophique du pays. En conséquence, et cela va de soi, les Congolais de l’étranger ne sont généralement pas en état d’épargner de l’argent pour leurs vieux jours et la précarité au 3ème âge est souvent une fatalité.

Du coup, la tentation du retour au pays où le coût de la vie est plus abordable s’apparente à une alternative de survie pour bon nombre de nos retraités aux des indemnités de retraite modiques. Mais le Congo n’a quasi aucun accord de régulation réciproque avec l’extérieur en matière des assurances sociales. Dès lors, il importe à une structure reconnue de la diaspora d’engager des négociations pour amener les pays d’immigration congolaise à conclure des accords bilatéraux avec le Congo afin que ceux qui ont travaillé ici, et qui envisagent de rentrer là-bas, perçoivent les indemnités de leur retraite dans les conditions les plus rentables possibles à la fin de leur carrière. 

 

2.      Agence de proximitépour concevoir et mettre en place des mécanismes de prévention de l’isolement des aînés et promouvoir la solidarité intergénérationnelle

La société occidentale, où vit la grande majorité de la diaspora congolaise, est organisée de manière à orienter les personnes du 3ème âge vers les homes de vieillissement. Quel contraste et quelle dure réalité lorsqu’on vient d’une culture communautariste ! Effectivement, l’un des inconvénients de cette solution vient de l’isolement, de la solitude dans laquelle une personne habituée aux relations étroites et intenses se retrouve brutalement renfermée malgré elle. Le problème se pose avec acuité lorsque ce type placement génère d’autres difficultés socio-psychologiques dues aux barrières culturelles. On sait que dans les sociétés « relationnelles » du Sud, comme la communauté congolaise par exemple, les personnes âgées vivent et meurent entourées de leurs proches, jouissant de leur affection et de leur respect. C’est pourquoi les Africains vivent généralement mal le placement en homes de vieillissement et y développent rapidement des maladies mentales et comportementales parfois graves. Quand on sait que cette solution est appelée à s’étendre dans les années à venir, il est impérieux de s’organiser pour inventer des mécanismes d’aide aux nôtres du 3ème âge à rompre avec l’isolement auquel ils sont astreints malgré eux et à des conditions de vie, certes normales dans le contexte occidental, mais non conformes à notre culture.

 

3.      Agence de soutien à l’intégration avec la primauté à l’encadrement des jeunes

Dont la mission et le programme consisteront à accueillir, à soutenir en cas de besoin les nouveaux arrivants, à organiser des activités socio-pédagogiques ou socioculturelles visant leur intégration socio-professionnelle ainsi que la connaissance et la conscience de leurs droits à la citoyenneté. Et pour les jeunes plus spécialement, des compétitions sportives et des manifestations para-sportives peuvent être mises à contribution pour les aider à se construire leur personnalité et pour favoriser leur socialisation et leur intégration à une communauté encline au renforcement multiculturel. Quant aux manifestations para-sportives, l’accent peut être mis sur des voyages de groupe et de couverte ou de tourisme en termes de colonies de vacances pour jeunes et familles, et de camps pour personnes de 3ème âge dans la direction du Congo ou ailleurs selon l’intérêt culturel, social, politique ou autre conjoncturellement mis en évidence.

 

4.      Agence de soutien aux études et à la formation professionnelle

Les étudiants restent l’une des catégories les plus composantes de la diaspora congolaise, même s’ils ne constituent plus la composante la plus nombreuse. En tant que réservoir des ressources humaines indéfinies, ils sont surtout de futures solutions aux problèmes communautaires et du Congo. Mais, dans le présent, leurs situations individuelles respectives sont sujettes à de multiples aléas. Les soutenir passe notamment par l’accompagnement ciblé pour faire face aux tracasseries administratives et par réseautage visant des jobs pour combler des finances souvent insuffisantes.

 

5.      Agence de solidarité avec les requérants d’asileet réfugiés politiques

Désormais la catégorie la plus dynamique et la plus visible de la diaspora, les requérants d’asile congolais sont aussi ceux qui sont les plus exposés aux problèmes les plus complexes, les plus délicats et les plus spécifiques : longues procédures voire stagnation ou tracasseries administratives, précarités sociales, difficultés d’accès aux ressources économiques, culturelles, sociales et politiques du pays d’accueil avec leur corrélat : moult hypothèques à l’intégration. A voir la manière dont ils sont traités aujourd’hui un peu partout, les requérants d’asile ont vraiment besoin d’une solidarité active de la communauté ; surtout lorsqu’ils sont frappés par une décision définitive de renvoi ou de « NEM » : Non Entrer en Matière. Beaucoup sont souvent dans une extrême précarité, parfois avec des enfants à charge. Toutes les formes d’aide leur sont nécessaires et assurer aux déboutés une sortie ou un retour au Congo dans la sécurité et la dignité serait une priorité patriotique.

 

6.      Agence générale d’information, d’orientation et d’action

 

En fonction des moyens à disposition, les aides ci-dessus peuvent être regroupées par unités homogènes d’action ou scindés en services spécifiques plus autonomes pour accroître l’efficacité d’intervention. Mais, les moyens financiers étant généralement très limités dans la communauté congolaise, force est de préconiser, dans les conditions actuelles, la concentration des différents dispositifs énoncés en une seule agence de services sociaux. Celle-ci mettrait alors en place des mécanismes d’informations et d’aide en prévention ou d’intervention concrète en cas de besoin.

 

 

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