L'indignation !

Face aux massacres perpétrés par le régime de Joseph « KABILA »

la Convention des Congolais de l'Etranger [ CCE ] s'indigne

 

Depuis le 17 janvier 2015, journée qui devrait être consacrée à la mémoire et au souvenir de la disparition brutale de notre Héros national, Patrice Emery Lumumba, des massacres sont perpétrés par les forces du désordre et de la prédation régnantes sur le Congo. Des policiers et des militaires lourdement armés tirent à balles réelles, sans sommation, sur des jeunes non-armés exerçant simplement leur liberté fondamentale d’expression et leur droit constitutionnel de manifester !

 

1.La Conventiondes Congolais de l'Etranger, CCE en sigle, ne peut comprendre les agissementsdu gouvernement congolais qui a allumé le feu en déposant au parlement un projet de loi provocateur appelé Loi BOSHAB. Vu le contexte actuel de très vives tensions dans le pays et de risques si palpables d’implosion, il s’agit-là d’un acte irresponsable à même d’hypothéquer gravement le processus démocratique en cours, la paix sociale intérieure ainsi qu’à générer moult préjudices à la stabilité politique du pays et de la région.

 

2015 est l'année préparatoire des élections devant sanctionner, entre autres, la fin du cycle de  règne de Joseph « Kabila » ; qui aura alors épuisé tous ses mandats constitutionnels. Plutôt que de provoquer des bourrasques de contestation, qui viennent d’avoir raison du régime de Blaise Compaoré  dans le désordre et la douleur, il va de l’intérêt de tous, du régime en place aussi, de laisser le processus électoral se dérouler dans de bonnes conditions de consensus et d’harmonie sociale pour permettre enfin l'alternance démocratique convenue au Dialogue inter-congolais de Sun City et sortir notre pays du chaos et des guerres qui sévissent et ébranlent le Congo depuis son accession à l’indépendance ; il y a déjà plus d’un demi siècle.

 

2.Face à plus de 8 millions de morts dans des guerres sans nom, toute nouvelle goutte du sang congolais est inacceptable. Aussi, la CCE déplore-t-elle ces nouveaux morts avilissants et vexatoires au Congo ! Pourtant, l’assassin n’est autre que le gouvernement censé protéger sa population ! Avec vive émotion, la CCE présente ses condoléances les plus affligées tant aux familles éprouvées qu’à toute la Nation congolaise sempiternellement suppliciée. Paraphrasant le Cardinal Laurent Monsengwo, elle en appelle à ce gouvernement, qui se réclame par ailleurs de cohésion nationale, « d’arrêter de  tuer son propre peuple ».

 

3.Condamnant le recours injustifié et disproportionné à la force répressive, la CCE s'inquiète de voir, au sens de la Loi BOSHAB, le recensement évoqué comme préalable aux prochaines élections. Car, de l’aveu des plusieurs personnes en charge du dossier, un tel recensement serait sujet à caution dans les conditions actuelles et que les moyens basiques pour sa matérialisation manquent cruellement. Agiter le recensement comme préalable aux élections finit par laisser l’impression d’un pouvoir qui, par égoïsme atavique, s’oppose à l’alternance, renie ses engagements et veut s’accrocher par tous les moyens ; quitte à faire l’unanimité contre lui ; irritant même la communauté internationale, garante de sa survie.

 

4.Au-delà de vives contestations politiques et d’inévitables soulèvements populaires qu’il va indubitablement provoquer, force est aussi de constater qu’un éventuel report des échéances électorales en perspective irait à l'encontre de la Constitution qui a déjà fixé les périodes et la chronologie des prochaines élections. Or, pour quiconque a encore la conscience du bien commun, le sens de l’Etat et l’intuition de l’histoire, la présente Constitution congolaise, conquise de haute lutte, est un acquis démocratique si précieux qu’elle mérite d’être préservée et assurera à ceux qui la défendront une place prépondérante dans l’histoire du Congo, voire dans l’Histoire tout court. La violer par calcul machiavélique serait un bien regrettable retour en arrière et, au vu de toutes les répercussions que cela pourrait déchaîner tant à l’intérieur du pays qu’au niveau international, une réelle faute politique grave, difficile à réparer. Instruit par l’histoire et par l’actualité au-delà des frontières congolaises, aucun acteur politique digne de ce nom ne saurait prendre un aussi énorme risque.

 

5.Au-delà de la certitude que l’apocalypse, dont ils se rendraient coupables devant l’Histoire, assombrisse à jamais leur avenir politique et leur cohabitation avec les autres Congolais, les violeurs se mettraient à dos tous les partisans par le monde de la démocratie et du respect des droits humains. Et la CCE s’exalterait-elle à mobiliser tous les moyens à sa portée pour informer, conscientiser et interpeller l’opinion publique internationale pour dénoncer toutes les personnes répréhensibles de tels graves forfaits. Après quasi deux décennies de règne sur le grand Congo, Joseph « Kabila » lui-même ne mérite pas mieux que courir le risque de se retrouver banni par la communauté congolaise et au ban de la communauté internationale ?

 

Pourtant, en respectant pendant qu’il est encore aux affaires la Constitution qu'il a lui-même promulguée, « Kabila » peut démontrer par les faits qu'il est attaché à la démocratie et qu'il peut écouter le peuple souverain. Et, en respectant la démocratie, il évitera au pays des troubles dont l'issue ne peut être qu’infiniment apocalyptique pour le peuple congolais, pour l’avenir sociopolitique du pays et fatale pour la fin de son règne ainsi que pour lui-même.

 

6.A la lumière des scenarii catastrophiques ainsi plantés, la CCE invite, ceux qui siègent tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat de la République en tant que représentants du peuple souverain à se ressaisir et à se rétracter en éconduisant l’adoption infâmante de cette loi inopportune. Félicitant individuellement ceux des sénateurs qui ont su, par leur courage, l’excellence et la perspicacité de leurs interventions, réhabiliter et élever aux nues, le temps d’une plénière, la portée des débats dans cette auguste assemblée républicaine, elle invite ceux qui peuvent encore faire quelque chose à s’y employer. Car, le peuple congolais, dès lors qu’il saura sur qui il peut compter comme remparts pour faire barrage à l’expansion de l’ignominie, il élèvera, à l’instar de Lumumba, ses vaillants fils au rang des héros à vénérer.

 

7.Prenant sa part de responsabilité devant le tournant si capital, la CCE exige que  le Vice-premier ministre et Ministre de l'Intérieur, M. Évariste Boshab, juriste  de son état, retire sans délai son ignominieuse loi ; qui constitue l’une de ses multiples pirouettes destinées à maintenir « Kabila » au pouvoir par défi. Consciente de ses potentialités d’action par son implantation dans les pays des militants invétérés de la démocratie, par sa proximité avec les plus puissants médias au monde et des institutions internationales, qui assurent la tutelle de fait sur le Congo, la CCE ne pourra ne pas s’impliquer davantage dans ce champ de bataille où les valeurs essentielles et les enjeux majeurs sont en jeu. Que ceux qui n’ont cure que tirer drôlement bien leurs marrons du feu se souviennent des leçons réservées aux traîtres !

 

8.La CCEne peut pas terminer sans réitérer ses condoléances les plus attristées aux familles des valeureux martyrs de la Loi BOSHAB. Elle s’engage à participer à toute action collective ou au niveau national pour les porter au panthéon de l'histoire du Congo. A l’instar de tous ces héros tels que Mamadou Ndala, Ngandu Kisase, ceux du 17 janvier 1959, celui du 17 janvier 1961, ceux du 17 février 1992, celui du 16 janvier 2001 et tous les autres anonymes morts au front ou par la cupidité des autres Congolais et dont plusieurs n'ont pas eu de sépulcres, la CCE s’engage à honorer, solennellement et pour l’éternité, leur mémoire.

 

Débout Congolais !

Dressons nos fronts !

Que triomphe la démocratie au Congo de Lumumba !

 

                                                                                 Genève, samedi 24 janvier 2015

                                                   

                                                                                         Séverine Tshimini Mbuyi

                                                                                                  La Présidente

 

 

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