Résolutions culturelles

Convention des Congolais de l’étranger

 Atelier culturel : propositions et recommandations

 

En date du 13 décembre 2014, votre Atelier culturel s’est réuni en même temps que les autres Ateliers créés par la Convention des Congolais de Suisse. Après son rapport préliminaire, des amendements avaient été reformulés comme conditions d’adoption dudit rapport en plénière. Après avoir réintégré ces avis et recommandations, votre Atelier culturel vous propose le rapport suivant :

 

I. Au niveau international

 

-         Organiser une Semaine du Congo comme moment de divertissement, certes, mais aussi comme plateforme d’information, au cours de laquelle on parle du pays et de toutes ses ressources humaines, culturelles…

 

-         Promouvoir les fêtes commémoratives pour raviver la mémoire collective sur des évènements marquants pour notre peuple : une journée spécifique à la mémoire des Congolaises victimes du viol comme arme de guerre, une journée à la mémoire des 8 millions de Congolais victimes de l’impérialisme barbare des voisins de l’Est, une journée nationale du souvenir des victimes et des héros de l’Indépendance, une journée commémorative du calvaire et de l’assassinat endurés par Simon Kimbangu, une journée commémorative du calvaire et de l’assassinat endurés par Patrice-Emery Lumumba, une journée festive de la musique congolaise et à la mémoire des stars de la chanson congolaise décédées.

 

-         Créer des organes de presse et de communication comme traits d’union des Congolais de l’étranger, outils également capables de contribuer à mettre en valeur initiatives et réalisations de la diaspora dans son ensemble, de renforcer l’unité nationale et de protéger notre patrimoine culturel commun au sein de toute notre diaspora et de différentes communautés diasporiques congolaises à travers le monde. 

 

-         Promouvoir la mise en place d’une chaire de la Sociologie africaine dans le but d’apprendre et d’enseigner nos langues ; notamment à nos propres enfants, aux jeunes congolais et aux étrangers intéressés.

 

-         Créer un Centre socioculturel congolais chargé de faire rayonner les valeurs culturelles congolaises. Compte tenu de manque des moyens actuel et vu l’urgence à ce sujet, ce Centre pourrait même être mobile, plutôt que d’envisager l’érection d’un bâtiment, avec du personnel (à la manière du Centre Wallonie Bruxelles à Kinshasa) ; ce qui pourrait être cher.

 

-         Initier, proposer ou organiser des émissions télévisées destinées à mettre en évidence les compétences et les parcours exceptionnels des compatriotes et lutter en conséquence contre le culte de la personnalité au Congo où c’est toujours le chef qui inspire toute bonne action…

 

-         Organiser les visites des musées et des lieux où se trouve notre histoire (Tervuren,…)

 

-         Créer une plateforme d’information entre Congolais de l’étranger pour s’informer, informer et échanger sur ce qui se fait ici et là.

 

-         Créer des espaces intergénérationnels et interculturels pour la propension de nos valeurs culturelles et identitaires en promouvant les dialogues entre différentes générations.

 

-         Créer un laboratoire des supports médiatiques pour produire des émissions à même de susciter et renforcer le sentiment, la fierté patriotique dans la conscience de nos compatriotes.

 

-         Rechercher et assurer une présence régulière dans les médias internationaux pour donner de la visibilité au Congo et faire connaître le patrimoine culturel du pays.

 

II. Sur le territoire national congolais

 

-         Promouvoir la création d’antennes du Centre socioculturel pour assurer localement la promotion des valeurs culturelles et la conscience patriotique à travers des formations, des conférences, des campagnes de conscientisation et de sensibilisation à la fierté congolaise…

 

-         Inciter à la réhabilitation du cours de civisme en le renforçant par des chapitres sur la citoyenneté et à l’introduction de l’enseignement de l’histoire de la Résistance congolaise.

 

-         Exhorter à la reconstruction et à la mise en évidence des archives de notre histoire ainsi qu’à la construction des musées et des monuments commémoratifs pour rendre accessible et vivante l’histoire nationale ; notamment dans ses tranches coloniale et de l’héroïque décolonisation.

 

-         Encourager l’intensification des cours de géographie, d’histoire, de géologie, d’étude de la flore et autres destinés à la jeunesse pour lui faire mieux connaître le pays.

 

-         Stimuler l’organisation des carnavals et des braderies ; qui sont des lieux et des occasions idéals de rapprochement des différents peuples qui constituent la Nation congolaise.

 

-         Inciter à la récupération de nos objets culturels et de nos archives volés, à la réécriture et vulgarisation de l’histoire des grands évènements, des grands hommes, des grandes femmes de notre histoire, à l’instauration d’une politique concertée de revalorisation de nos cultures, notamment de nos langues et à un travail profond de désaliénation mentale et culturelle pour débarrasser le Congolais du complexe d’infériorité.

 

Remarques :

 

* Les deux dernières recommandations concernent aussi bien le niveau national qu’européen.

 

 

Fait à Charmey, le 14 décembre 2014

 

René MALABA

 Rapporteur

 

 

NOTRE PROFESSION DE FOI

 

Toute la diaspora congolaise, partout ailleurs où elle se trouve dans le monde entier, peine à s’organiser, à construire une vie communautaire structurée ; elle est à l’image de ce qui se passe au pays. Quantitativement considérée comme l’une des plus importantes dans le monde, elle sommeille, n’a pas pris la mesure de la force qu’elle constitue, capable de changer sa vie et d’influer sur le destin du Congo. Tout compte fait, la diaspora congolaise ne croit pas en elle-même ! On pourrait disserter à l’infini sur les causes de cette anomalie. Une chose paraît sûre : dans notre pays, la dictature, dont nous avons été et continuons à être les victimes, a façonné négativement notre culture civique et engendré des conséquences sur nos mentalités et nos comportements dont nous avons encore beaucoup de mal à nous défaire, malgré le temps écoulé apparemment déjà long – même si nous savons que, pour la vie des peuples, le temps existentiel des individus n’est pas censé correspondre au temps historique. La méfiance, la défiance et le défaitisme généralisés, qui règnent en maître au sein de notre diaspora, sont l’expression visible de notre mal-vivre et suffisent à en rendre compte.

 

Et pourtant, le marasme ambiant de notre vie diasporique ne constitue nullement une fatalité à jamais irréversible. Mais nous éprouvons beaucoup de mal à nous en convaincre, tant les séquelles psychiques des fléaux de la dictature que nous trainons avec nous tardent à disparaître. Comme êtres humains et comme communauté, nous sommes toujours capables à tout moment de bien faire pour mieux vivre, un retournement de situation est toujours possible ; il suffit pour cela que nous en prenions conscience, que nous en ayons la volonté et que nous nous en donnions les moyens. Nous avons le choix entre la vie et la mort, choisissons la vie. La diaspora congolaise n’est pas condamnée, seules nos mentalités et nos comportements le sont…

 

A suivre…

 

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