INTERVIEW-REPORTAGE

Convention des Congolais de Suisse

Maman Présidente de la Convention présente les assises

Kerwin MAYIZO : Bonjour Madame, qui êtes-vous ?

Fifi séverine Tshimini : Je m’appelle Séverine MBUYI TSHIMINI. J’habite Genève. Je suis enseignante de profession. Je suis présidente du comité de pilotage de la Convention des Congolais de Suisse, Convention que nous organisons du 12 au 14 décembre prochain à Charmey ; l’une des plus belles régions de la Suisse : la très célèbre Gruyère fribourgeoise. C’est à ce titre que je suis ici face à vous pour répondre à vos questions en vue d’informer nos compatriotes sur notre projet. De prime abord, laissez-moi faire remarquer que juste au début de cette semaine, en marge du Sommet US-Afrique à Washington DC, il y a eu une importante table ronde sur le Congo, à laquelle la diaspora congolaise, si bouillante et vainement bruyante sur le web, n’a même pas été conviée, ni prise en compte. Je tiens à ce que cela change, qu’à l’avenir, la diaspora congolaise devienne visible, devienne une force d’action et de proposition et, surtout, une institution prise en compte lors des concertations sur l’avenir du Congo. Principal contributeur, qui garantit la survie de la majorité des familles au Congo et la paix sociale dans le pays, la diaspora congolaise n’a même pas les moyens de peser sur le débat actuel sur la révision de la Constitution, ni sur les échéances électorales déterminantes prochaines. C’est parce que je tiens absolument à ce que tout cela change que j’ai brigué la présidence du Comité de pilotage de la Convention des Congolais de Suisse.

Kerwin MAYIZO : C’est quoi le comité de pilotage de la Convention des Congolais de Suisse ?

Fifi séverine Tshimini : Nous sommes une équipe soudée d’une dizaine de membres, hommes et femmes de nouvelles générations et moins jeunes. Nous travaillons d’arrache-pied depuis de nombreux mois déjà pour préparer la Convention des Congolais de Suisse. C’est quoi une convention ? Le concept de convention véhicule l’idée de rassemblement, le plus large possible, de concertation, de croisement de regards et de débat contradictoire sur l’actualité, sur les différents défis auxquels est confrontée notre communauté diasporique pour arriver à une entente, pour sceller un pacte, un accord entre Congolais. Cet accord doit conduire à une organisation fonctionnelle de la diaspora congolaise de Suisse dans un premier temps et jeter des ponts en vue d’une organisation plus globalisante de toute la diaspora congolaise . C’est le but immédiat que je suis déterminée à atteindre avec mon équipe.

Kerwin MAYIZO :  Pourquoi éprouvez-vous seulement aujourd’hui le besoin de rassembler la diaspora congolaise de Suisse ?

Fifi séverine Tshimini : En effet, cette démarche que nous menons n’est pas en soi nouvelle. Il y a eu dans le passé, en Suisse en tout cas, des tentatives d’organisation de la diaspora qui n’ont malheureusement pas abouti de manière satisfaisante ni durable. Il y a eu aussi, je l’imagine, dans d’autres pays des choses de ce genre. Cela montre simplement qu’il y a un besoin, un grand besoin qui n’est pas comblé jusqu’à présent. La diaspora congolaise en Suisse est la 2e diaspora africaine en nombre, derrière la diaspora marocaine. Vous vous imaginez de quel bois elle s’échaufferait si elle était rassemblée, organisée, structurée ? Vous vous imaginez combien de montagnes elle soulèverait ? Toute cette force continue à être un grand gâchis en restant inorganisée. La diaspora est un réservoir d’expertises, de ressources humaines, de compétences qui gagneraient à être utilisées à bon escient, pour la vie locale en Suisse où nous sommes, et pourquoi pas pour l’émergence de notre pays, le Congo-Kinshasa. Et ce d’autant plus que nous bénéficions de la proximité des institutions internationales qui exercent une tutelle de fait sur notre cher Congo.

Kerwin MAYIZO :  Pourquoi tenez-vous à tout prix à l’organisation ? Après tout, si les Congolais ont toujours vécu comme ça là où ils se trouvent, ils se sont habitués à cette vie, ça les arrangent quelque part. Pourquoi vous donnez-vous tant de soucis ?

Fifi séverine Tshimini : Vous savez bien que tant que notre pays ira mal, la tendance à l’émigration – pas seulement vers la Suisse, mais vers ailleurs aussi – ne pourra pas être jugulée. Ici en Suisse particulièrement, depuis une trentaine d’années, notre communauté ne cesse de s’accroître. Elle a pris racine. Nous en sommes à sa deuxième génération et troisième génération. De plus en plus, en tant que communauté diasporique, elle est désormais confrontée à des problèmes spécifiques qui ne peuvent pas être résolus individuellement par chacun de nous dans son petit coin. Tenez : l’indispensable préservation de notre identité congolaise, par exemple, surtout quand il s’agit de la transmettre à nos enfants et petits-enfants nés ou qui grandissent ici ! Comment transmettre les valeurs de notre culture aux jeunes qui n’ont pas de contact avec le Congo ? Comment transmettre la connaissance de grandes langues congolaises – kiswahili, lingala, kikongo, tshiluba – aux jeunes congolais vivant ici qui ne les connaissent pas ? Et puis, les gens arrivés ici depuis 50, 40 ou 30 ans vieillissent ou commencent à vieillir. L’entrée dans le 3ème âge, surtout pour les gens qui ont peu travaillé ici, ne manque pas d’incidence sur la qualité vie. Allons-nous les laisser sur le banc de touche ? Vont-ils se contenter tous d’entrer dans les homes, comme on vit ici, au moment venu, ou faudrait-il envisager d’organiser autrement leur accompagnement, un peu comme chez nous ? Et s’ils veulent vivre leur retraite chez nous, n’est-ce pas un devoir pour nous, à l’instar de ce qu’ont les Italiens, les Espagnols et autres Portugais, de pousser la Suisse à conclure des conventions bilatérales avec le Congo pour que les revenus gagnés ici soient rétribués harmonieusement là-bas en termes de rentes ? Voilà les questions que nous nous posons. En plus, comme je viens de vous le dire, notre communauté diasporique allant toujours s’accroissant, quelle solidarité intergénérationnelle construire pour qu’elle reste soudée et préserve son identité ?

Par ailleurs, notre pays traverse une crise sans précédent. Une guerre interminable. Plus de 8.000.000 de morts déjà. Soit plus que toute la population de l’actuelle Confédération helvétique et fait de l’invasion du Congo par le Rwanda le deuxième conflit le plus meurtrier de l’Histoire après la Grande Guerre, soit la Première mondiale qui a vu s'affronter un nombre important de pays quasiment sur tous les continent. Ici, le supplice n’est imposé qu’au seul peuple congolais. Des Congolais chassés sauvagement de tous les pays limitrophes sans que personne ne les défende. Le pillage continu de nos richesses par les mêmes pays voisins, comme si la mort et la désolation qu’ils sèment chez nous ne suffisaient pas. Des condamnations de ces mêmes pays au regard du droit international non suivies d’effet ; parce que le pays manque de leadership politique digne de ce nom pouvant le défendre. Une démocratisation des institutions pratiquement en panne. Et j’en passe… Trop c’est trop ! N’est-il pas venu l’heure aussi, pour la diaspora congolaise, de se mettre ensemble autour d’une table pour construire un projet qui soit sa contribution pour conjurer le mauvais sort ourdi contre le Congo ? Combien de temps faut-il encore continuer à attendre dans la nonchalance, la division, la suspicion, le défaitisme, le manque de confiance en soi, la détestation de nous-mêmes ? Plus de 50 ans après l’indépendance, n’est-il pas temps de bâtir, ou plutôt de contribuer à « bâtir un pays plus beau qu’avant », comme nous le chantons dans notre hymne national ? En tant que mère, je me sens interpellée au plus profond de moi-même par tous ces drames interminables congolais et m’interroge sur le contenu et la qualité de mon propre legs à mes enfants, aux autres générations montantes et innocentes des Congolais. C’est pourquoi je suis bien déterminée à exploiter au mieux mon contexte sociopolitique favorable d’aujourd’hui et à aller le plus loin possible avec ceux qui me soutiendront dans cette ambition.

Conclusion. Cette tâche est herculéenne. Elle dépasse la force des individus pris isolément. La garantie de l’efficacité ne peut provenir que d’un engagement collectif réfléchi et organisé. Pour, à la fois, améliorer les conditions de notre vie diasporique et contribuer à l’émergence d’un autre sort pour le magnifique Congo que nos dignes ancêtres nous ont fièrement légué. Aujourd’hui, halte à la médiocrité et aux ignobles perpétuelles querelles intestines ! Nous avons plutôt besoin d’une mobilisation générale de toutes les énergies disponibles pour créer de nouvelles synergies et agir plus efficacement sur la scène internationale à notre proximité.

Kerwin MAYIZO :  Si je vous comprends bien, pour réaliser une pareille ambition, atteindre votre but, avez-vous envie, à terme, de créer un parti politique ?

Fifi séverine Tshimini : Non ! S’agissant de la situation de notre pays, notre analyse est la suivante. Il y a le pouvoir en place et ceux qui le soutiennent. Il y a l’opposition (ou les oppositions si vous voulez, parce qu’il y a plusieurs branches). Il y a ceux qui, comme Honoré NGBANDA, sont dans un autre schéma politique d’une résistance à un pouvoir qu’ils considèrent comme usurpé par des étrangers. Et il y a la société civile. Comme il y a de la place pour tout le monde dans la grande maison qui s’appelle Congo, nous membres de la diaspora, nous faisons partie de la société civile. Nous sommes une branche de la société civile congolaise dont nous voulons prolonger l’action. Nous ne sommes donc pas un parti politique. Nous n’ambitionnons pas de le devenir et ne visons pas non plus d’entrer dans une quelconque plate-forme de partis existants.

Cependant, même si nous ne faisons pas de la politique active dans le cadre de partis institués, nous ne pouvons demeurer insensibles à ce qui se passe sur le terrain. En tant que citoyens, non seulement nous nous sentons concernés, mais nous avons aussi des opinions politiques sur la situation de notre pays. Nous jugeons le régime en place et la politique engagée comme mauvais et irresponsables. Nous voulons œuvrer, à notre place comme je viens de vous le dire, pour le changement. Les animateurs politiques du régime actuel ont usurpé le pouvoir depuis le début, et de manière encore plus abjecte en trichant systématiquement à toutes les pseudo élections qu’ils ont à dessein mises sur pieds, comme la complicité de la communauté internationale. Nous souhaitons leur départ le plus rapidement possible et avons beaucoup de moyens non encore exploités, ni suffisamment explorés jusqu’ici pour y contribuer de manière démocratique et efficacement. Si vous permettez que je me résume, nous sommes, nous, membres de la diaspora, dans une logique d’implication politique plutôt que de contestation politique. Il y a donc une nuance !

Kerwin MAYIZO :  Si tel est le cas, pourquoi alors ne pas, par exemple, vous affilier au mouvement des combattants, mouvement qui existe déjà et milite pour le changement ?

Fifi séverine Tshimini : Nous n’avons rien contre les combattants et respectons leur approche, en toute liberté démocratique. Seulement, notre vision se différencie très sensiblement de la leur, pour plusieurs raisons :

 Premièrement, je viens de vous dire que notre projet s’inscrit dans le cadre de l’action de la société civile. Or les combattants agissent souvent au nom de partis politiques auxquels plusieurs de leurs membres sont affiliés.

 Deuxièmement, notre philosophie d’action est le rassemblement de tous les Congolais de la diaspora suisse, sans exclusive, si possible, rassemblement de tous ceux qui pensent, comme nous, que le Congo est en danger, que le pays est de fait sous la tutelle de la communauté internationale (pour ne pas dire de grandes puissances) qui utilise les Rwandais pour nous gouverner. Nous partons du postulat selon lequel nous-mêmes, unis, nous pouvons ensemble tirer profit notamment en Suisse de notre proximité avec des institutions onusiennes pour constituer un puissant lobbying en faveur du Congo. Car, les puissances qui ont des intérêts au Congo évoquent la désunions quasi congénitale des Congolais et son corrélat, l’instabilité politique, pour justifier le recours à des intermédiaires étrangers. Exclure d’autres Congolais va, non seulement dans le sens de renforcement de cette thèse, mais également dans l’erreur de se priver des talents, des compétences, sous des prétextes parfois fallacieux et avec le regrettable effet d’affaiblir inéluctablement le camp de la Patrie et d’hypothéquer notre cause.

 Troisièmement, la suspicion permanente, qui enferme dans le radicalisme, à la manière de ce que font les combattants, n’est pas du tout bonne conseillère. Voici des décennies que le Congo et les Congolais pataugent dans cette affligeante spirale d’anathèmes, diabolisation, divisions incessantes et inefficacité opérationnelle sans l’inspiration et la volonté de l’interrompre. A quand ce salutaire et impérieux discernement ? Nous croyons en avoir ouvert la voie et invitons tous les Congolais de l’étranger ayant encore un peu de lucidité à nous y rejoindre. Ainsi, plus qu’un paradigme, qu’une manière de concevoir notre stratégie de combat patriotique, l’ouverture que nous prônons à l’instar du système suisse de concordance, est l’un des principes fondamentaux qui façonnent notre approche stratégique de la conquête du changement que tous les Congolais appellent de leurs vœux. Récupérer des faibles d’esprit, qui renforcent le camp de l’occupation par faiblesse pour des biens matériels éphémères, fait partie de cette stratégie que nous pouvons affirmer avec force ; parce que nous sommes les seuls maîtres de notre agenda.

 Quatrièmement, à la différence des combattants, notre projet, comme je viens de vous le dire précédemment, comporte deux volets : la préoccupation de notre intégration locale et la préoccupation de l’avenir du Congo. Encore une fois, je vous le répète, nous ne sommes pas les ennemis des combattants. Nous les invitons à venir nombreux prendre part à la convention que nous organisons pour avancer ensemble sur l’essentiel. Même si celles-ci restent nécessaires pour gagner l’opinion politique à notre cause, le secret de la réussite de notre combat pour libérer le Congo est bien loin d’être dans des manifestations de rue quelle qu’en soit l’ampleur, mais bien dans des initiatives politiques et diplomatiques de proximité avec des institutions internationales et étatiques des pays décideurs sur le Congo.

Kerwin MAYIZO :  Votre projet consiste à ratisser large. Ne craignez-vous pas les trahisons et les compromissions, qui font malheureusement partie des habitudes des Congolais, en mal de culture du bien commun ?

Fifi séverine Tshimini : Voilà un débat totalement stérile, à la base de tous les échecs du pays, mais que les Congolais entretiennent sempiternellement comme frappés de cécité. Il divise et paralyse les efforts patriotiques. Les étrangers en profitent pour imposer allègrement leurs diktats ; mais les Congolais ne voient toujours pas l’impérieuse nécessité de changer de vision et de stratégie à ce niveau. Que quelqu’un venu de l’extérieur, un quasi inconnu de la scène politique congolaise et ignorant tout du Congo en devienne subitement, presque brutalement, chef de l’Etat devrait déjà nous interpeller. Mais qu’il soit déjà reconduit à deux reprises à ce poste, adulé désormais comme « Le Roi » malgré la régression inflexible du pays et encensé pour poursuivre son œuvre à la tête du Congo ne peut que nous plonger dans de dramatiques désarrois. Tout sera fait pour que nous allions de l’avant, coûte que coûte. Les leçons de nos échecs passés, en matière de (re)organisation de notre communauté, sont en train d’être tirées. Rien ne nous découragera sur ce chemin. Cependant, l’ouverture inclusive que nous prônons n’est pas synonyme de naïveté. Nous ne sommes prêts à accueillir et à avancer qu’avec des gens qui adhèrent à la philosophie de notre projet, à savoir aller à la Convention pour confronter nos visions, nos analyses, nos propositions de stratégies pour sortir le Congo du gouffre avant de poser les bases d’une structure fonctionnelle de la diaspora, Ce n’est qu’après la tenue proprement dite de la Convention, une fois notre communauté organisée que nous commencerons à poser des actions capables d’améliorer notre vie ici et de témoigner notre solidarité envers le Congo. C’est alors que se poseront de vraies questions sur les personnes que l’on ne connaît pas encore avant de leur confier des responsabilités. Aujourd’hui, le sort que subit le Congo pousse tout le monde à nous considérer comme des minables. Montrons-nous d’abord capables de sortir de affligeante étiquette.

Pour répondre plus concrètement à votre question, permettez-moi de me répéter parce que ce que je dis est important. Nous voulons rassembler le plus de Congolais possible pour ce projet diasporique. Mais si nous ne sommes pas fermés aux autres, nous ne prêchons pas non plus une ouverture béatement naïve. Jusqu’à présent, nous fonctionnons sur la base de la confiance entre nous. La transparence est le gage de cette confiance. Nous nous auto-contrôlons. L’idée d’un service interne de surêté et de sécurité a déjà été intégrée dans notre stratégie. Et, toute une commission fonctionnelle a été créée au sein du Comité de pilotage avec des attributions spécifiques à cette fin et confiée à des personnes averties. Mais il n’y a pas et il n’y a jamais eu des garanties à 100% dans ce domaine. Le risque zéro n’existe pas. Même la CIA a eu ses traîtres, le FBI, la KJB ou SVR également. Notre responsabilité n’est pas mince : à la fin du parcours, mais à la fin seulement, nous saurons si nous aurons pris le bon ou le mauvais chemin. Mais nous n’avons pas le droit à l’erreur ; car notre pays vit l’une de ces périodes charnières, où tout peut basculer, et qui permet de passer d’un camp à un autre : ou le pays se démocratise réellement, ou il s’enfonce dans la dictature et la violence. Il y a donc urgence à agir et à agir avec détermination et beaucoup de discernement. C’est mon cas !

Kerwin MAYIZO :  Pouvez-vous, on ne peut plus concrètement, résumer votre projet ?

Fifi séverine Tshimini : 
a. Notre projet repose sur une nécessité, qui se dégage de notre expérience de vie ici :

 Nécessité de nous rassembler, de nous connaître et nous reconnaître en tant que Congolais, et d’offrir à la Suisse et au monde une image positive de nous-mêmes et de notre pays ;

 Nécessité d’avoir une structure citoyenne fonctionnellement organisée, pouvant défendre efficacement nos intérêts divers aussi bien ici en Suisse qu’au Congo où nos civiques inaliénables sont allègrement bafoués. Structure pouvant aussi nous permettre de lancer des actions collectives de solidarité, sur le plan humanitaire, politique et diplomatique notamment, avec le Congo et avec le monde.

b. Nos objectifs sont donc les suivants, entre autres :

 Constituer un creuset pour renforcer la conscience et l’identité nationales, en particulier au profit de jeunes générations (jeunes nés et/ou ayant grandi ici) ;

 Créer un espace de solidarité au sein de la diaspora suisse, avec d’autres Congolais éparpillés comme émigrés dans le monde et avec le peuple congolais ;

 Forts d’un outil organisationnel que nous aurons créé, être en mesure de défendre nos intérêts collectifs ici et au pays, sur tous les plans, et être en mesure d’exercer nos droits et devoirs civiques ;

 D’une manière générale, participer à la vie démocratique et à la reconstruction nationale ;

 Faire profiter au Congo notre proximité avec les institutions internationales ;

 Œuvrer à la réhabilitation de l’image du pays et du peuple congolais.

c. Les valeurs qui nous animent sont :

 L’amour de la patrie et la foi dans le peuple congolais et en ses capacités ;

 Le respect des autres et de leurs opinions, quelles qu’elles soient (politiques, philosophiques, religieuses et autres) ;

 L’esprit de responsabilité, la solidarité et la participation dans l’œuvre de reconstruction nationale et de l’émergence d’un Congo nouveau, prospère ;

 La concertation, la loyauté et la transparence dans nos initiatives ;

 La recherche de l’excellence, de la rigueur, de l’efficacité, dans la simplicité et le respect.

Kerwin MAYIZO :  Quelle est la réception de votre message par l’opinion ?

Fifi séverine Tshimini : Lors de mon élection comme présidente de la Convention des Congolais de Suisse, j’ai reçu beaucoup de félicitations. Et à ce titre, je continue à en recevoir encore beaucoup pour le travail que nous abattons. Je reçois surtout aussi des encouragements pour aller jusqu’au bout. Nous recevons de temps en temps des critiques constructives ; ce qui montre l’intérêt des Congolais pour ce qui se prépare. Mais je dois vous avouer que nous recevons aussi des attaques virulentes ; nous sommes traités de tous les noms d’oiseau par ceux de nos compatriotes qui se méprennent sur notre projet, hélas ! C’est pour moi ici, une fois de plus, l’occasion d’annoncer que nous ne sommes d’aucune manière liés au régime kabiliste. Nous ne sommes pas des traîtres, nous ne sommes pas des kabilistes. Nous sommes solidaires de la souffrance du peuple congolais. Nous sommes déterminés à prendre part, en tant que membre de la diaspora, à son combat pour tourner cette affligeante page kabiliste en vue de se frayer le chemin de conditions de vie meilleures pour son avenir. A ceux qui nous insultent, qui nous injurient en longueur de journée, nous tendons la main, nous sommes prêts au dialogue pour avancer ensemble.

Kerwin MAYIZO :  Madame la présidente de la Convention des Congolais de Suisse, quel est votre mot de la fin ?

Fifi séverine Tshimini : Merci beaucoup de m’avoir donné cette occasion de m’exprimer pour présenter et clarifier notre projet. J’ai beaucoup insisté sur ma détermination à aller de l’avant en vue de répondre à un besoin, de combler un vide criant dans notre communauté diasporique : l’absence d’une structure fonctionnelle assez efficace pour mieux défendre nos intérêts ainsi que ceux du Congo à tous les niveaux. Cette détermination ne saurait nous rendre indifférents aux interpellations de nos compatriotes. Notre initiative restant citoyenne et démocratique, les protestations de notre communauté lors de la diffusion du programme provisoire de la Convention ont été prises en compte et, en conséquence, aucune institution officielle du Congo ne sera formellement invitée, ni associée à la Convention. Mais, avec force, je tiens à affirmer :

 qu’il n’y aura ni invitation officielle, ni partenariat formel, ni collaboration expresse avec chantres patentés et reconnus du kabilisme ;

 que M. Sébastien Mutomb Mujing, chargé d’affaires à la Mission Permanente du Congo à l'ONU n’a jamais été approché, ni invité à la Convention ; il n’est probablement même pas au courant du projet et de tout le processus en cours ;

 un communiqué officiel du Comité de pilotage va être publié solennellement et largement diffusé pour sortir de cet amalgame et exclure toute collaboration avec les institutions officielles du Congo.

Nous avons déjà fait plusieurs écrits sur le projet, que nous diffusons soit sur Internet, soit sur papier en direction de nos compatriotes. Cinq mille flyers de notre troisième Appel à la Convention sont en circulation et autant de dépliants décrivant le projet, ses ambitions et ses défis. Nous allons encore et toujours continuer à le faire connaître et à le promouvoir. Nous invitons nos chers compatriotes d’ici et d’ailleurs à venir nombreux participer très activement à la Convention des Congolais de Suisse qui aura lieu les 12, 13 et 14 décembre prochain à Charmey, dans le canton de Fribourg. Fribourg a été choisi à cause de son emplacement géographique, étant un canton charnière entre les 2 grandes régions du pays. Encore une fois, nous invitons les Congolais de toute la Suisse à venir à la Convention, et aussi bien entendu ceux qui habitent d’autres pays. Nous avons besoin de conférenciers, de modérateurs, de rapporteurs. Que nos compatriotes entendent cet appel solennel. Chers compatriotes, venez nombreux mettre vos compétences au service d’une cause commune, d’une cause noble, pour l’amour du Congo.

 

Vive la diaspora Congolaise enfin unie et organisée ! 

Vive le Congo de Lumumba enfin débout, récupéré et redressé !