Par la Convention des Congolais de Suisse

Vers les Etats-généraux de toute la diaspora congolaise

Articulation thématique

Lokumu ya Kongo esila ! Qui donc peut redonner un peu de dignité aux Congolais ? Il est temps de donner un véritable coup de pied dans la fourmilière de la diaspora ! Inspirés par l’insolente réussite de la diaspora juive, entre autres, les Congolais de l’étranger multiplient des initiatives pour se donner une structure fonctionnelle visant, depuis des décennies, au moins trois objectifs majeurs constants :

- trouver des solutions collectives à leurs problèmes socio-matériels et administratifs récurrents, comme dans toutes les communautés d’immigrés, et se défendre culturellement ;

- participer au développement économique du Congo ;

- contribuer, un tant soit peu mais au maximum de leur force, à l’émergence d’un Etat de droit et de la bonne gouvernance démocratique dans leur pays d’origine.

Au moment où la grande majorité des Congolais aspire au changement politique, convaincue que l’actuel régime régnant sur le Congo est un pouvoir d’occupation et traitant de collabos ceux des Congolais qui se réclament de la « légalité » en cours, quels rapports structurels réalistes une diaspora préoccupée par ces objectifs ci-dessus peut-elle ériger avec les institutions congolaises actuelles ? Rejetée sur la défensive, cette diaspora apparaît plus désorganisée qu’elle ne s’affiche au prime abord. Assimilée par ailleurs à un arbre dont les racines seraient son patriotisme et le feuillage sa proximité avec la communauté internationale, quelles relations la diaspora congolaise doit-elle parallèlement construire avec les institutions internationales qui assurent une tutelle de fait sur le Congo ?

Rodés au pragmatisme suisse, les Congolais de la Confédération helvétique se savent, pour être efficaces, condamnés à reconnaître et à travailler avec les institutions existantes, qu’elles soient congolaises ou internationales. Comment alors articuler leurs relations stratégiques avec ces institutions sans se compromettre et s’exposer à la rupture avec une partie de la communauté congolaise ? Voilà qui s’avère une gageure périlleuse que la Convention doit s’appliquer à relever !

A la lumière de ces enjeux complexes et face à l’urgence de sortir le Congo du naufrage où il ne cesse de s’enfoncer inexorablement, un thème général se dégage pour la Convention : « Comment la diaspora congolaise peut-elle relever les défis de son organisation fonctionnelle et de sa contribution à la reconstruction du Congo ? Place et rôle des Congolais de Suisse ». De cette articulation globale, on peut extraire au moins sept idées directrices autour desquelles articuler la réflexion et les débats :

  1. pour ou contre la naissance d’une structure faîtière de toute la diaspora et, éventuellement, inventaire aussi bien des facteurs favorables que d’hypothèques à sa réalisation ;
  1. quels mécanismes pour rentabiliser au mieux le soutien financier des Congolais de l’étranger aux investissements, aux constructions et aux familles restées au Congo ?
  1. comment amener la Suisse à conclure des accords bilatéraux avec la RDC à même d’assurer, par exemple le Congolais qui a travaillé en Suisse, de percevoir sa retraite au Congo ?
  1. en plus de la reconquête de leurs droits civiques, comment les Congolais de l’étranger, qui veulent épargner et investir au Congo, peuvent-ils bénéficier des régimes préférentiels ?
  1. comment mettre en évidence aussi bien les initiatives que les réalisations des Congolais de l’étranger et améliorer la communication au sein de la communauté ?
  1. face aux échéances électorales d’une importance capitale imminentes au Congo, quelle place et quel rôle pour les Congolais de l’étranger dans le processus en cours ?
  1. pour espérer peser efficacement sur les évènements, comment la diaspora devrait-elle articuler ses relations avec les institutions aussi bien congolaises, étrangères qu’internationales ?