Pour des Etats généraux de la diaspora congolaise

République Démocratique du Congo

Pour des Etats généraux de la diaspora congolaise

Appel à la Convention des Congolais de Suisse

La Patrie brûle, Congolais de l’étranger réveillons-nous ; nous sommes une alternative !

Le drame que vit la République Démocratique du Congo, RDC en sigle, semble être devenu banal et même normal, comme si beaucoup, sur le plan national et international, s’en étaient finalement accommodés.

Pourtant notre pays fait face à une véritable catastrophe ;

- sur le plan social, la pauvreté, la mortalité et l’espérance de vie sont parmi les plus alarmantes du monde ;

- sur le plan sécuritaire, la guerre et ses atrocités, les exactions des Kuluna ainsi que les viols de plus en plus répandus  illustrent le triste sort d’un peuple livré à lui-même.

Pour un pays si naturellement gâté en ressources de tout genre et désormais doté d’une pléthore de diplômés de large diversité et à tous les niveaux, comment expliquer cette persistance de la misère, de l’insécurité et de l’incapacité de rebondir ? Quels remèdes idoines préconiser ? Quel rôle la diaspora peut-elle jouer dans le redressement de la RDC ? Telles sont les questions qui obsèdent tout congolais qui aime un tant soit peu son pays.

Certes, l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) a-t-elle réussi à mettre un terme à la longue dictature sanguinaire et kleptomane de Mobutu ! Mais, malgré l’habileté retorse de Laurent-Désiré Kabila pour récupérer la mise, l’AFDL s’est avérée une machiavélique supercherie rwando-ougandaise qui a fait encore plus de mal au Congo que les 32 ans de la dictature mobutiste. Si la plupart des Congolais sont aujourd’hui acquis à reconnaître dans l’AFDL une imposture ayant inauguré la re-colonisation de leur pays, force est aussi de constater l’impuissance congolaise à trouver des solutions efficaces et durables aux maux qui sévissent et conduisent la RDC à sa ruine. Plutôt, certains Congolais ont même démontré une manie quasi atavique à pactiser avec ceux qui leur veulent du mal.

Rappelons qu’après l'Indépendance, si les puissances occidentales avaient bien mitonné un complot pour éliminer Patrice-Emery LUMUMBA, ce sont des officiels congolais, bien identifiés, qui décidèrent de son transfert au Katanga. Et là-bas, ce sont d’autres officiels congolais qui décrétèrent sa mise à mort (sans jugement). Enfin, ce sont des soldats congolais, certes commandés par un officier belge, qui ont exécuté Lumumba et ses compagnons d’infortune sous les yeux de ministres du gouvernement sécessionniste katangais.

Et que dire de Mobutu ?  Pendant plus de trente ans, il a favorisé le pillage des ressources du Congo, il a massacré, torturé et clochardisé les Congolais dans l’intérêt des puissances étrangères ; juste pour s’en mettre inlassablement et piteusement plein les poches. Qu’est-il advenu à la belle fortune qu’il avait malhonnêtement amassée ? Voilà un autre débat !

Bis repetita placent, on reprend les mêmes, ou presque, et on recommence !En effet, souvenons-nous qu’après avoir repris son indépendance d'esprit et de mouvement vis-à-vis du Rwanda, feu L.D Kabila se faisait exécuter à son propre domicile dans un complot ourdi depuis l’étranger et qui n’aurait pas abouti sans la complicité de quelques Congolais instrumentalisés par le Rwanda et ses amis… En fait, depuis la pseudo rébellion d'août 1998, le Rwanda et l’Ouganda, soutenus par certains pays occidentaux, excellent à trouver, parmi les Congolais, des marionnettes pour servir de figurants à la tête des fausses rébellions sur le territoire et contre l’Etat de la RDC. Leurs objectifs sont connus. Ils agissent ainsi pour renforcer leur main-mise sur le Congo et aller de l’avant dans leur plan de balkanisation de notre pays et d’annexion de la partie orientale de son territoire.  Hier, comme aujourd’hui, les étrangers sont et font au Congo ce que les Congolais eux-mêmes les laissent faire, soit par naïveté, soit par égoïsme et son corrélat : la complicité de ceux qui affichent des appétits gloutons et s’arrêtent bassement à la politique du ventre. La patrie est en danger et un sursaut de dignité s’impose pour ne pas laisser à nos enfants un Congo en miettes.

Incidence des Concertations nationales et question de représentativité de la diaspora

La participation des Congolais de l’étranger aux Concertations nationales, convoquées par l’ordonnance présidentielle n°13/078 du 26 juin 2013, a été acquise par et pour le régime en place, le pouvoir organisateur de ce forum, sans trop de difficulté. Mais alors qu’usant de diverses filières, moult candidats se bousculent au portillon pour remplir le quota stratégiquement imparti à la diaspora, plus nombreux encore sont ceux qui, au sein de cette même diaspora, savent qui se font passer pour leurs porte-parole, comment ils ont été choisis, ce qu’ils vont réellement dire en leur nom… Il y a ainsi tangible risque de voir des imposteurs occuper à la longue la place de la diaspora dans des assemblées importantes et déterminantes tant pour le présent que pour l’avenir aussi bien de notre pays que de notre peuple.

L’incidence des Concertations de « Kabila » en cours ou les cogitations parallèles en vue d’un « Vrai Dialogue inter-congolais » pose ainsi, cette fois-ci avec une plus vive acuité encore, la pertinente question de la représentativité de la diaspora congolaise et de sa légitimité à ce type d’assises nationales surtout lorsque l’avenir de la Patrie ou la survie de l’Etat congolais en sont spécialement les enjeux. Qui, comment ou sur quelle base contester la légitimité aux valeureux patriotes ou aux opportunistes de tous bords qui se mobilisent ou se font coopter pour représenter la diaspora, parler et décider en notre nom à ce genre de session ? Voilà pourquoi l’éventualité de ces Concertations de « Kabila » ou d’un hypothétique nouveau Dialogue inter-congolais offre une congruente opportunité d’évoquer la pertinence d’une structure faîtière à même de parler, de déléguer et d’agir en toute légitimité au nom de toutes les tendances de la diaspora congolaise réunies. Et cela passe d’abord par des conventions nationales dans les principaux pays respectifs de l’immigration congolaise, dont la Suisse.

Pourquoi une Convention des Congolais de Suisse ?

En effet, face à la faillite confirmée de l’Etat congolais, face à une Mère-patrie qui brûle depuis des lustres et pour notre communauté congolaise de Suisse, instruite par le poids de l’histoire de ce pays d’adoption, où siègent la quasi-totalité des organisations internationales, il ne serait qu’absurde de rester sempiternellement indifférente ou incapable de trouver des stratégies à même de peser utilement sur les orientations politiques de notre pays d’origine ; alors qu’il est sous l’insidieuse tutelle effective de la communauté internationale. Dès lors, le principe d’une convention fédérative de tous les Congolais résidant dans la Confédération helvétique s’avère comme une impérieuse urgence à même de répondre à des objectifs plus variés, plus vastes, plus importants et plus ambitieux que la simple préoccupation conjoncturelle de représenter la diaspora à une assemblée convoquée par un régime aux abois, en quête de légitimité et de légalité pour poursuivre son œuvre de re-colonisation du Congo.

Pourquoi la diaspora ne constituerait-elle pas une alternative à cette classe politique congolaise actuelle dont la corruption, les inepties et la médiocrité ont dépassé tout entendement ? Pourquoi la diaspora congolaise n’ambitionnerait-elle pas de porter ses propres candidats aux échéances électorales  avenir, notamment à la présidentielle de 2016 ?

En prenant en compte diverses pesanteurs qui n’ont cessé d’engourdir le Congo et face aux priorités nationales de l’heure, une convention des Congolais de Suisse serait un congruent prélude aux Etats généraux de toute la diaspora, que d’aucuns appellent de tous leurs vœux depuis des lustres en vue de constituer de manière viable une plate-forme fédérative, inclusive de tous les Congolais de l’étranger. Elle viserait alors moult objectifs dont, notamment :

- analyser à froid la responsabilité congolaise dans la faillite de l’Etat congolais ;

- évaluer le poids économique de la diaspora sur la marche du pays, son impact social et en tirer les conséquences basiques logiques qui s’en prescrivent d’elles-mêmes ;

- démontrer comment et à quelle ampleur la diaspora congolaise, à l'instar de la diaspora juive, libanaise, rwandaise et beaucoup d'autres, a le devoir et le pouvoir de peser sur les évènements qui déterminent l’évolution politique dans notre pays ;

- stopper la cacophonie et les dissensions actuelles au sein de la diaspora ;

- arrêter la spirale des diffamations – diabolisation qui hypothèquent constamment et, souvent irréversiblement, notre propre cohésion

- gérer le suivi des actes patriotiques posés, surtout lorsque des poursuites judiciaires et des suites financières frappent certains des nôtres ;

- recréer la cohésion au sein de la diaspora, en minimisant ce qui nous divise et en valorisant ce qui nous unit ;

- constituer un lobby à même de tisser des alliances avec les partenaires du Congo ;

- faire du lobbying auprès des organisations nationales et internationales pour qu’elles incluent des délégués de la diaspora parmi leurs interlocuteurs ;

- faire émerger une alternative à la défaillante classe politique congolaise actuelle ;

- inventorier l'implication politique de la diaspora depuis la révolution afdélienne de 1997, les erreurs commises, les leçons à en tirer, les nouveaux défis à relever etc...

- pour ne pas nous y prendre trop tard, nous déterminer et nous exercer à arrêter une position commune face aux échéances électorales avenir.

Qui peut participer à la Convention des Congolais de Suisse ?

Visant le rassemblement de tous les Congolais, quelles que soient leurs appartenances religieuse, idéologique, politique ou autre et rêvant d’une cohésion patriotique à toute épreuve, la Convention des Congolais de Suisse concerne et s’adresse, individuellement à chacune et à chacun des membres de cette communauté ainsi que collectivement à toute structure congolaise évoluant sur le territoire suisse, en visant à ressusciter cette fibre nationale dont les « Pères » de l’Indépendance congolaise ont autrefois fait preuve. Chaque association congolaise, toute Congolaise et tout Congolais de Suisse, surtout ceux qui se sentent l’âme de leader d’opinion, sont tous les bienvenus et appelés à s’investir dans les préparatifs de ce premier grand rendez-vous patriotique des Congolais en Suisse.

Toutefois, afin de jeter d’ores et déjà les bases des futurs Etats généraux englobant toutes les filles et tous les fils du pays à travers le monde, la Convention des Congolais de Suisse entend faire une large place à tous ceux qui se reconnaîtraient en figures de proue dans les principales communautés nationales congolaises de l’étranger ; notamment aux ressortissants congolais de l’Europe, certes, mais aussi des Amériques, de l’Asie et des autres pays d’Afrique.

Quel agenda pour la Convention des Congolais de Suisse ?

L’idéal aurait été que des Conventions nationales respectives des Congolais de l’étranger ainsi que les Etats généraux de toute la diaspora se tiennent avant l’éventuelle mise en place de la Commission préparatoire paritaire d’un « Vrai Dialogue inter-congolais inclusif » en perspective. Une telle éventualité donnerait l’occasion à une délégation légitime de la diaspora de prendre sa part à l’élaboration d’un ordre du jour plus à même de favoriser une analyse à froid de la situation du pays, de peser sur les négociations en vue de donner aux assises leur caractère inclusif et leur souveraineté juridique et de dégager, de manière consensuelle, les réponses les plus appropriées aux maux qui rongent le Congo.

Bien que pertinente à satiété et aisément réalisable, cette démarche risque néanmoins, comme tant d’autres par le passé, de n’en rester qu’au niveau de simple hypothèse d’école, sans lendemain. Car, dans notre communauté patriotiquement mobilisée, il n’existe pas que le penchant quasi génique àtrahir et à pactiser avec l’ennemi, il y règne aussi un si profond esprit de clocher et une propension si vive à diaboliser que pour mettre en place des stratégies efficaces en vue de nous ré-approprier le destin de notre nation et de reconstruire notre pays, il faudra bien compter avec la résistance volontaire ou instinctive des tenants de l’immobilisme et d’un patriotisme infiniment équivoque. Cette résistance viendrait de ceux qui se laissent inspirer ou s’alignent encore sur des pratiques et des consignes d’une classe politique véreuse et incompétente ; qui n’a pas réussi à convaincre les masses congolaises et a amené le peuple au divorce avec elle. C’est pourquoi un renouvellement du paysage politique congolais s’impose et l’urgence a sonné pour la diaspora de se démarquer des acteurs politiques, qui ne vivent plus en collaboration avec le peuple, mais honteusement sur une voie irrémédiablement parallèle ; parce que leurs les inepties ont détruit confiance et considération à leur égard.

Il est donc impérieux et urgent que la diaspora se projette résolument vers l’avenir, qu’elle renie certains tabous et abandonne beaucoup d’anciens mythes par la remise en discussion des structures, alliances, institutions, langage et héritage d’une transition politique qui a échoué sous tous les aspects. Telle qu’elle est aujourd’hui, la situation politique du Congo provoque une réelle sinistrose dans les rapports entre la diaspora et la classe politique congolaise. Pour sortir d’une orthodoxie politique de régression et de malaise, les débats sont plus que jamais nécessaires sur tous les sujets pour chercher de nouveaux repères. Dans ces conditions, Dialogue national ou pas, la diaspora doit se détacher pour faire émerger d’autres valeurs, construire d’autres alliances et chercher un autre avenir pour le Congo. Ainsi, elle n’a plus besoin de calquer ses initiatives sur les évènements conjoncturels qui épicent la vie politique sur le terrain. Les enjeux auxquels est confronté le pays sont plus profonds et plus vastes que ces concertations spécieuses et la diaspora rendrait un grand  service à la nation en déjouant le piège de l’événementiel pour s’en approprier directement la gouverne. Elle a plus qu’un atout pour cela. L’essentiel, finalement, c’est de ne pas arriver encore une fois trop tard.

Afin d’assurer à la Convention des Congolais de Suisse le succès escompté, l’accent est à mettre sur les propres critères internes de réussite de cette Convention dont la logistique d’organisation, la campagne d’information, de sensibilisation et de mobilisation sont, de loin, d’incontournables priorités. Dans cette perspective, l’idéal consisterait à envisager le déroulement de cette Convention sur deux jours, au mois de novembre  2013. D’ores et déjà, une Convention élargie à la diaspora européenne, toutes tendances réunies, se programmerait au début de l’année prochaine (2014). Et pour ces plus importantes Assises au niveau de toute la diaspora européenne, l’idéal consisterait à les organiser en Allemagne dont le nouveau Représentant du Secrétaire général de l’ONU au Congo, l’Ambassadeur Martin Kobler, est ressortissant et avec qui nous venons d’amorcer quelques prémices de contact bien prometteuses, laissant augurer des lendemains enchanteurs pour la reconnaissance et la participation de la diaspora à d’éventuelles prochaines négociations sous l’égide de l’ONU.

Quel site pour accueillir la Convention des Congolais de Suisse ?

Conçue pour être un grand moment de profonde réflexion, loin de parasites urbains, la Convention des Congolais de Suisse aurait tout intérêt à se dérouler dans un contexte qui favorise l’esprit de travail, de concentration et de rapprochement personnel. Voilà pourquoi, après minutieuse exploration des sites suisses à même de répondre à ces critères de sélection, nous proposons une solution qui a, en plus, l’avantage d’allier à ces précédents critères le positif rapport qualité–prix. Dans cette perspective, la réponse la plus avantageuse est à trouver au Centre Saint-François de Delémont. Ce site offre en outre le mérite de se localiser à une distance bien équilibrée par rapport aux autres centres urbains suisses où résident la majorité des Congolais : Zurich, Saint-gall, Genève, Lucerne, Bâle, Lausanne, Neuchâtel...